Laissons-nous bercer par l’écume des jours, mon amour … | Hanane Trinel

Sans clepsydre, ni sablier, sans horloge, ni pendule, sans attendre le crépuscule, Amira s’inquiète de l’heure, elle l’observe.

Son visage adoré est son cadran solaire.

Hélas, elle le vois qui lui annonce que le rêve, aussi sublime fut-il ces deux dernières semaines, s’est déjà achevé, qu’il va devoir se lever, se rhabiller, son bagage boucler, qu’il va l’embrasser, et puis, encore une fois, à mille lieues d’elle, être obligé de s’en retourner.

Il es allé, son magicien, ce soir-là, jusqu’à prendre au mot cette phrase de Boris VIAN qu’elle lui avait envoyée, si innocemment :

« Je voudrais que tu sois là

Que tu frappes à la porte

Et tu me dirais c’est moi

Devine ce que j’apporte

Et tu m’apporterais toi. »

Il l’a émerveillée !

La suite de la déclaration du Grand Capitaine à son Ursula adorée ?

« C’est dimanche il est 8 heures

Et je ne veux pas sortir

Et je m’ennuie à mourir

Alors je t’écris mon ange

Une chanson du dimanche

Une chanson pas très drôle

Mais on y ajoutera

Vendredi soir un grand couplet

Viens dormir sur mon épaule

Et on ne dormira pas… »

Il la surprend avec toute sa fantaisie, sa fougue et ce petit grain de folie qui fleure si bon la Liberté, la Vie et l’Infini !

Leur désir, jamais assouvi, est gage de volupté, de communion, de symbiose, de tellement de beauté…

Leurs étreintes, divines, sont comme autant de promesses d’Éternité renouvelées.

Ils étaient bien là, à l’abri, dans cette chambre jolie, loin des regards indiscrets, des vilains qu’elle se souvient, inéluctablement, devoir aller guerroyer.

Qui songerait à venir les chercher ici, dans cette ville, dans ce quartier, dans leur alcôve à l’abri des regards indiscrets ?

Pourquoi arborer, dès lors, ce regard sérieux, si décidé ?

Pourquoi afficher ce front plissé, lui qui était si lisse il y a quelques heures à peine, au point de lui donner cet air de gamin, fripon et coquin ?

Pourquoi, gommer ce sourire qui lui va si bien au teint ?

Personne n’oserait lui reprocher, cette absence prolongée, sous peine d’être accusé de blasphémer.

Il ne faut pas contrarier des Dieux les desseins.

Il n’y a pas de hasard si leurs deux chemins se croisèrent jusqu’à n’en faire plus qu’un !

Et si, il devait , malgré tout, à ce sujet, se justifier, il lui suffirait d’inventer quelque urgence, quelque impondérable.

Elle l’invite à admirer, par la fenêtre ouverte, même en pleine lumière, combien fort les étoiles étincellent.

Elles se sont, à l’unanimité, pour eux, décidées à pointer le bout de leur nez.

Ils pourraient, encore, avoir toute cette belle journée.

Et puis ?

Elle le prie, elle le supplie d’entendre,

Soyons fous, toute cette nuit, encore, s’il te plait,

Pourquoi ne resterais-tu pas ?

Au fond de mon âme, je tressaille déjà.

J’étouffe et m’asphyxie dès tu ne me tiens plus, bien au chaud, dans tes bras, au creux de toi.

Personne d’autre ne compte, et déjà,

je passe de vie à trépas.

Je souffre du manque de toi alors même

que tu es toujours là.

J’ai besoin d’être à toi, de te sentir fondre aux confins de mon être.

Pas de ma faute si ton quotidien est à des heures de moi !

Ô mon Guerrier de Lumière , ne sois pas rabat-joie.

Aie pitié de ta geisha !

Ne pensons pas à demain,

voilà, comme ça, allez, reviens…

Tire les rideaux, tu veux bien ?

Aimons-Nous, encore une fois, encore mille et une fois…

Laissons-nous bercer par l’écume des jours, mon amour …

Hanane Trinel | in Facebook

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