Poème | Louis Aragon

aragon

 

 

 

 

Connaissez-vous l’île
Au cœur de la ville
Où tout est tranquille
Eternellement


L’ombre souveraine
En silence y traîne
Comme une sirène
Avec son amant


La Seine profonde
Dans ses bras de blonde
Au milieu du monde
L’enserre en rêvant


Enfants fous et tendres
Ou flâneurs de cendres
Venez-y entendre
Comment meurt le vent


La nuit s’y allonge
Tout doucement ronge
Ses ongles ses songes
Tandis que chantant


Un air dans le soir
Est venu s’asseoir
Au fond des mémoires
Pour passer le temps

Louis Aragon