Poema sobre o Mar | Sophia de Mello Breyner Andresen

A minha vida é o mar o abril a rua
O meu interior é uma atenção voltada para fora
O meu viver escuta
A frase que de coisa em coisa silabada
Grava no espaço e no tempo a sua escrita

Não trago Deus em mim mas no mundo o procuro
Sabendo que o real o mostrará

Não tenho explicações
Olho e confronto
E por método é nu meu pensamento

A terra o sol o vento o mar
São a minha biografia e são meu rosto

Por isso não me peçam cartão de identidade
Pois nenhum outro senão o mundo tenho
Não me peçam opiniões nem entrevistas
Não me perguntem datas nem moradas
De tudo quanto vejo me acrescento

E a hora da minha morte aflora lentamente
Cada dia preparada

Sophia de Mello Breyner Andresen

Être poète | Ser poeta | Florbela Espanca

Florbela Espanca, batizada como Flor Bela Lobo, e que opta por se autonomear Florbela d’Alma da Conceição Espanca, foi uma poetisa portuguesa.

8 de dezembro de 1894 | 8 de dezembro de 1930

Être poète

Être poète c’est être fort et le plus grand

Des hommes ! Et mordre comme mord un baiser !

Être mendiant et donner comme donnerait

Le Roi du Royaume d’En-deçà et d’Au-delà

… de la Douleur !

 

C’est d’avoir de milliers de désirs, la splendeur

Et ne pas même savoir ce que l’on désire !

C’est d’avoir au-dedans un astre qui flamboie,

C’est d’avoir les griffes, et les ailes du condor !

 

C’est d’avoir la faim et la soif de l’Infini !

Pour heaume, les matins de l’or et du satin…

C’est ramasser le monde entier en un seul cri !

 

Et c’est pouvoir t’aimer ainsi, éperdument…

C’est d’être l’âme, et le sang, et la vie en moi

Et pouvoir le dire à tout le monde, en chantant !

— 

Ser poeta

Ser poeta é ser mais alto, é ser maior

Do que os homens ! Morder como quem beija !

É ser mendigo e dar como quem seja

Rei do Reino de Aquém e de Além Dor !

 

É ter de mil desejos o esplendor

E não saber sequer que se deseja !

É ter cá dentro um astro que flameja,

É ter garras e asas de condor !

 

É ter fome, é ter sede de Infinito !

Por elmo, as manhãs de oiro e cetim…

É condensar o mundo num só grito !

 

E é amar-te, assim, perdidamente…

É seres alma e sangue e vida em mim

E dizê-lo cantando a toda a gente!

 

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À beira cais | Maria Isabel Fidalgo

O inverno ajeita-se sobre o corpo
e o frio esfia-se em filamentos de água na cortina dos vidros.
Queria ter-te à mão, juventude, e cantar
cantar
até florescerem rosas nos quintais vadios
que eram quase todos esmeraldinos
quando a primavera complacente
não desfalecia com a nudez das árvores.
Queria ter-te à mão, loucura ou poesia,
musa fiel da claridade
promessa perdurável de beleza
que o tempo ruiu.
Queria tanto ter-te, ó maciez do azul,
subtil sonho de rapariga fugidia
a que fui.
Agora
o inverno ajeita-se sobre o corpo
e se cantar me quero
-ó ai ó linda-
a voz se quebra
à beira cais.

maria isabel fidalgo 

Dylan Thomas | N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit (Do not go gentle into that good night, 1951)

N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit,
Le vieil âge devrait brûler et s’emporter à la chute du jour ;
Rager, s’enrager contre la mort de la lumière.

Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l’obscur est mérité,
Parce que leurs paroles n’ont fourché nul éclair ils
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes bons, passée la dernière vague, criant combien clairs
Leurs actes frêles auraient pu danser en un verre baie
Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.

Les hommes violents qui prient et chantèrent le soleil en plein vol,
Et apprenant, trop tard, qu’ils l’ont affligé dans sa course,
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes graves, près de mourir, qui voient de vue aveuglante
Que leurs yeux aveugles pourraient briller comme météores et s’égayer,
Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.

Et toi, mon père, ici sur la triste élévation
Maudis, bénis-moi à présent avec tes larmes violentes, je t’en prie.
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit.
Rage, enrage contre la mort de la lumière.

*

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rave at close of day;
Rage, rage against the dying of the light.

Though wise men at their end know dark is right,
Because their words had forked no lightning they
Do not go gentle into that good night.

Good men, the last wave by, crying how bright
Their frail deeds might have danced in a green bay,
Rage, rage against the dying of the light.

Wild men who caught and sang the sun in flight,
And learn, too late, they grieved it on its way,
Do not go gentle into that good night.

Grave men, near death, who see with blinding sight
Blind eyes could blaze like meteors and be gay,
Rage, rage against the dying of the light.

And you, my father, there on the sad height,
Curse, bless, me now with your fierce tears, I pray.
Do not go gentle into that good night.
Rage, rage against the dying of the light.

***

Dylan Thomas (1914-1953) – Vision et Prière (Poésie/Gallimard, 1991) – Traduit de l’anglais par Alain Suied.

T.S. Eliot | Les Hommes creux (The Hollow Men, 1925)

Ce poème célèbre a notamment servi de référence dans des films comme « Apocalypse Now » où Kurtz (Marlon Brando) lit à voix haute The Hollow Men de T.S Eliot ou plus récemment dans le film « Control » de Anton Corbijn consacrée à la vie du chanteur de Joy Division, où Ian Curtis écrit une lettre à sa femme en citant ce poème.

LES HOMMES CREUX

I

Nous sommes les hommes creux
Les hommes empaillés
Cherchant appui ensemble
La caboche pleine de bourre. Hélas !
Nos voix desséchées, quand
Nous chuchotons ensemble
Sont sourdes, sont inanes
Comme le souffle du vent parmi le chaume sec
Comme le trottis des rats sur les tessons brisés
Dans notre cave sèche.

Silhouette sans forme, ombre décolorée,
Geste sans mouvement, force paralysée ;

Ceux qui s’en furent
Le regard droit, vers l’autre royaume de la mort
Gardent mémoire de nous – s’ils en gardent – non pas
Comme de violentes âmes perdues, mais seulement
Comme d’hommes creux
D’hommes empaillés.

II

Les yeux que je n’ose pas rencontrer dans les rêves
Au royaume de rêve de la mort
Eux, n’apparaissent pas:
Là, les yeux sont
Du soleil sur un fût de colonne brisé
Là, un arbre se balance
Et les voix sont
Dans le vent qui chante
Plus lointaines, plus solennelles
Qu’une étoile pâlissante.

Que je ne sois pas plus proche
Au royaume de rêve de la mort
Qu’encore je porte
Pareils francs déguisements: robe de rat,
Peau de corbeau, bâtons en croix
Dans un champ
Me comportant selon le vent
Pas plus proche –

Pas cette rencontre finale
Au royaume crépusculaire.

III

C’est ici la terre morte
Une terre à cactus
Ici les images de pierre
Sont dressées, ici elles reçoivent
La supplication d’une main de mort
Sous le clignotement d’une étoile pâlissante.

Est-ce ainsi
Dans l’autre royaume de la mort:
Veillant seuls
A l’heure où nous sommes
Tremblants de tendresse
Les lèvres qui voudraient baiser
Esquissent des prières à la pierre brisée.

IV

Les yeux ne sont pas ici
Il n’y a pas d’yeux ici
Dans cette vallée d’étoiles mourantes
Dans cette vallée creuse
Cette mâchoire brisée de nos royaumes perdus

En cet ultime lieu de rencontre
Nous tâtonnons ensemble
Evitant de parler
Rassemblés là sur cette plage du fleuve enflé

Sans regard, à moins que
Les yeux ne reparaissent
Telle l’étoile perpétuelle
La rose aux maints pétales
Du royaume crépusculaire de la mort
Le seul espoir
D’hommes vides.

V

Tournons autour du fi-guier
De Barbarie, de Barbarie
Tournons autour du fi-guier
Avant qu’le jour se soit levé.

Entre l’idée
Et la réalité
Entre le mouvement
Et l’acte
Tombe l’Ombre

Car Tien est le Royaume

Entre la conception
Et la création
Entre l’émotion
Et la réponse
Tombe l’Ombre

La vie est très longue

Entre le désir
Et le spasme
Entre la puissance
Et l’existence
Entre l’essence
Et la descente
Tombe l’Ombre

Car Tien est le Royaume

Car Tien est
La vie est
Car Tien est

C’est ainsi que finit le monde
C’est ainsi que finit le monde
C’est ainsi que finit le monde
Pas sur un Boum, sur un murmure.

***

T.S. Eliot (1888-1965) – La terre vaine et autres poèmes [1922; 1976 pour la traduction française] (Éditions du Seuil, Collection Points Poésie, 2006) – Traduction de Pierre Leyris.

T.S. Eliot | La Chanson d’amour de J. Alfred Prufrock (The Love Song of J. Alfred Prufrock, 1917)

T.S. Eliot – La Chanson d’amour de J. Alfred Prufrock (The Love Song of J. Alfred Prufrock, 1917)
——
La Chanson d’amour de J. Alfred Prufrock décrit les états d’âme d’un homme dans la quarantaine, esseulé et sans amour, conscient que ses aspirations et ses envies sont beaucoup plus profondes que celles du reste du monde. L’orateur sait que les femmes ne le regarderont pas s’il n’attire pas leur attention par quelques actes violents ; il ressent la nécessité d’attirer l’attention mais craint d’être rejeté et raillé. Un des éléments thématiques principaux du poème est d’ailleurs le vieillissement : L’orateur contemple les détails de sa détérioration physique, et médite l’idée d’une mort imminente.
——
Allons-nous en donc, toi et moi,
Lorsque le soir est étendu contre le ciel
Comme un patient anesthésié sur une table :
Allons par telles rues que je sais, mi-désertes
Chuchotantes retraites
Pour les nuits sans sommeil dans les hôtels de passe
Et les bistrots à coquilles d’huîtres, jonchés de sciure :
Ces rues qui poursuivent, dirait-on, quelque dispute interminable
Avec l’insidieux propos
De te mener vers une question bouleversante…
Oh! ne demande pas : « Laquelle ? »
Allons plutôt faire notre visite.
 
Dans la pièce les femmes vont et viennent
En parlant des maîtres de Sienne.
 
Le brouillard jaune qui frotte aux vitres son échine,
Le brouillard jaune qui frotte aux vitres son museau
A couleuvré sa langue dans les recoins du soir,
A traîné sur les mares stagnantes des égouts,
A laissé choir sur son échine la suie qui choit des cheminées,
Glissé le long de la terrasse, bondi soudain,
Et voyant qu’il faisait un tendre soir d’octobre,
S’est enroulé autour de la maison, puis endormi.
 
Et pour sûr elle aura le temps,
La jaunâtre fumée qui glisse au long des rues,
De se frotter l’échine aux vitres ;
Tu auras le temps, tu auras le temps
De te préparer un visage pour les visages de rencontre ;
Le temps de mettre à mort et de créer,
Le temps qu’il faut pour les travaux et jours des mains
Qui soulèvent, puis laissent retomber une question sur ton assiette :
Temps pour toi et temps pour moi,
Temps pour cent hésitations,
Pour cent visions et révisions,
Avant de prendre une tasse de thé.
 
Dans la pièce les femmes vont et viennent
En parlant des maîtres de Sienne.
 
Et pour sûr j’aurai bien le temps
De me demander: « Oserai-je ? » et « Oserai-je ? »
Le temps de me retourner et de descendre l’escalier
Avec une couronne chauve au sommet de ma tête…
(Et l’on dira : « Mais comme ses cheveux se font rares! »)
Ma jaquette, mon faux col montant avec fermeté jusqu’au menton,
Ma cravate riche et modeste rehaussée d’une discrète épingle…
(« Voyez comme ses bras et ses jambes sont grêles ! »)
Oserai-je
Déranger l’univers ?
Une minute donne le temps
De décisions et de repentirs qu’une autre minute renverse.
 
Car je les ai connus, je les ai tous connus –
J’ai connu les soirées, les matins, les midis,
J’ai mesuré ma vie avec des cuillers à café;
Je sais les voix mourantes dans une mourante retombée
Sous la musique venue d’une pièce lointaine
Comment, dès lors, me risquerais-je ?
 
Et j’ai connu les yeux, je les ai tous connus –
Ceux qui vous rivent au moyen d’une formule
Et une fois mis en formule, une fois étalé sur une épingle,
Une fois épinglé et me tordant au mur,
Comment, dès lors, commencerais-je
A cracher les mégots de mes jours et détours ?
Comment, dès lors, me risquerais-je ?
 
Et j’ai connu les bras déjà, oui, tous connus…
Les bras cernés de bracelets et blancs et nus
(Mais sous la lampe duvetés de châtain clair !)
Est-ce un parfum de robe
Qui me fait ainsi divaguer ?
Les bras couchés sur une table, les bras qui enroulent un châle.
Devrais-je dès lors me risquer ?
Comment devrais-je commencer ?
 
Dirai-je : j’ai passé à la brune par des rues étroites,
Et j’ai vu la fumée qui s’élève de la pipe
Des hommes solitaires penchés en bras de chemise à leur fenêtre ?
 
Que n’ai-je été deux pinces ruineuses
Trottinant par le fond des mers silencieuses.
 
L’après-midi, le soir dort si paisiblement !
Lissé par de longs doigts,
Assoupi… épuisé… ou jouant le malade,
Couché sur le plancher, près de toi et de moi.
Devrais-je, après le thé, les gâteaux et les glaces,
Avoir le nerf d’exacerber l’instant jusqu’à sa crise ?
Mais bien que j’ai pleuré et jeûné, pleuré et prié,
Bien que j’ai vu ma tête (qui commence à se déplumer) offerte sur un plat,
Je ne suis pas prophète… et il n’importe guère ;
Ma grandeur, j’en ai vu le moment vaciller,
Mais j’ai vu l’éternel Laquais tenir mon pardessus et ricaner,
En un mot j’ai eu peur.
 
Aurait-ce été la peine, après tout,
Après les tasses, le thé, la marmelade d’orange
Parmi les porcelaines et quelques mots de toi et moi,
Aurait-ce été la peine
De trancher bel et bien l’affaire d’un sourire,
De triturer le monde pour en faire une boule,
De le rouler vers une question bouleversante,
De dire : « Je suis Lazare et je reviens d’entre les morts,
Je reviens pour te dire tout, je te dirai tout » –
Si certaine, arrangeant un coussin sous sa tête,
Avait dit : « Non, ce n’est pas ça du tout;
Ce n’est pas ça du tout que j’avais voulu dire. »
 
Aurait-ce été la peine, après tout,
Aurait-ce été la peine,
Après les arrière-cours, les couchers du soleil et les rues qu’on arrose,
Après les tasses de thé et les romans, après les jupes qui traînent sur le plancher –
Et ceci et tant d’autres choses ?
Ah! comment exprimer ce que je voudrais dire ?
Mais comme si une lanterne magique projetait le motif des nerfs sur un écran:
Aurait-ce été la peine si certaine,
Arrangeant un coussin ou rejetant un châle,
S’était tournée vers la fenêtre en déclarant:
« Ce n’est pas ça du tout,
Ce n’est pas ça du tout que j’avais voulu dire. »
 
Le Prince Hamlet ? Non pas, je n’ai jamais dû l’être ;
Mais un seigneur de la suite, quelqu’un
Qui peut servir à enfler un cortège
A déclencher une ou deux scènes, à conseiller
Le prince ; assurément un instrument commode,
Déférent, enchanté de se montrer utile,
Politique, méticuleux et circonspect ;
Hautement sentencieux, mais quelque peu obtus ;
Parfois, en vérité, presque grotesque –
Parfois, presque, le Fou.
 
Je vieillis, je vieillis…
Je ferai au bas de mes pantalons un retroussis.
 
Partagerai-je mes cheveux sur la nuque ? Oserai-je manger une pêche ?
Je vais mettre un pantalon blanc et me promener sur la plage.
J’ai, chacune à chacune, ouï chanter les sirènes.
 
Je ne crois guère qu’elles chanteront pour moi.
Je les ai vues monter les vagues vers le large
Peignant les blancs cheveux des vagues rebroussées
Lorsque le vent brasse l’eau blanche et bitumeuse.
 
Nous nous sommes attardés aux chambres de la mer
Près des filles de mer couronnées d’algues brunes
Mais des voix d’hommes nous réveillent et nous noient.
 
***
 
T. S. Eliot (1888-1965) – La terre vaine et autres poèmes (Points) – Traduit de l’anglais par Pierre Leyris.

Madrugada | Paulo Fonseca

Refém 
da desordem tresloucada…
ergonomia do caos,
cristal assolapado,
vínculo quebrado
que alui
num fado…
foguetório,
desdém sem retorno,
fundida luminária,
império prostrado
no colo da alimária
média…
Tanto amor vingou,
tanta história se levantou
da magna pátria…
Cantos,
epopeias,
sonhos,
raízes que rasgaram o ventre
da terra mãe
…e floriram…
Flores
seduziram
amores….
Sol
e chuva
e olhos chorados
emoção incontida
sorriso,
gargalhada,
arrepio,
volúpia apaixonada…
poros
de pele,
erectos,
comovidos,
multidão,
corações acelerados,
batendo,
dilacerados…
tombo
de caule que murcha…
voo
de gume afiado…
rasante
que corta,
agride,
amassa…
punhal selectivo
destrutivo…
erva daninha
definha
o meu ser
Portugal…
louca,
loucura
nação valente
acorda…
sonha de novo,
agita este Povo,
acende o futuro
destrói a erva daninha…
muda o feitio,
desafio,
para cantar
outra vez…

 

Paulo Fonseca

Retirado do Facebook | Mural de Paulo Fonseca

Poème | Malika Mellal

Mystère insondable de son esprit 
Énigme fascinante reliée à sa vie
Naissance magique de son génie
Tigre sacré qui feule du fond des nuits
Enchanteur quand il sourit
Nulle part il existe un être comme lui
Du fond des âges il tire son savoir
Souffle sur ma vie un coup de Blizzard
Tout s’arrête quand loin de moi il part
Union du feu et du vent
Délicieux brasier incandescent
Élève mon âme au firmament
Lien précieux nourri d’encens
Attirance électrique , je deviens aimant.
Paroles subtiles , mots élégants
Raffinement d’un autre temps
Intense charme insolent
Sincère tendresse aux mots troublants
Ode d’amour dans ses yeux noirs
Noie mon cœur dans son regard
Détient mon âme dans sa mémoire
Éteint mon ciel quand il s’égare
Tantôt ange ou bien démon
Observe le moindre de mes sillons
Nébuleux d’un sombre profond
Charmée par la pointe de son harpon
Ondes sensuelles au diapason
Entente parfaite, ma fusion
Unique raison de ma déraison
Rare esprit il est ma passion.

Malika Mellal novembre 2018

Retirado do Facebook | Mural de Malika Mellal

” Eu, pecadora, me confesso a Deus” | Maria Isabel Fidalgo

Lémen podia ser uma criança
perdida nos seus sonhos
uma folhagem deslumbrada
com um acontecer de primavera
uma ave
uma alba
uma nuvem
um céu musical aberto em rosa
uma cerejeira bicada de pássaros
uma erva macia onde o corpo caísse leve.
Lémen podia ser um outro olhar
uma casa horizontal
cuja voz acordasse os regatos
e meninos descalços enfeitassem de risos
as águas maculadas.
Lémen podia ser o coração do homem
antes do inferno
chamas de ódio
em corpos descarnados.
Lémen podia ser um um rosto
e não um esqueleto vivo
uma côdea de osso
sem força para chorar
a nossa culpa.

Maria isabel fidalgo

Lançamento do livro “Poéticas Periféricas: novas vozes da poesia soteropolitana” | Valdeck Almeida de Jesus

O lançamento será dia 12 de outubro de 2018, das 19 às 20:30hs, no restaurante Dom Pepe (antigo Pouso da Palavra), em Cachoeira-BA, durante a Flica – Festa Literária Internacional de Cachoeira.

Galinha Pulando lança Poéticas Periféricas em Cachoeira

A antologia “Poéticas periféricas: novas vozes da poesia soteropolitana”, reúne textos de poetas da periferia de Salvador-BA e será lançada no dia 12 de outubro de 2018 (sexta-feira), das 19 às 20:30hs, no restaurante Dom Pepe (antigo Pouso da Palavra), na praça da Aclamação, Cachoeira-BA, durante a Festa Literária Internacional de Cachoeira – FLICA. O evento acontece na programação da editora Cogito e Ligia Benigo Produção Cultural.

templado pelo Calendário das Artes da Fundação Cultural do Estado da Bahia (Funceb/SecultBA), o livro reúne cerca de 100 autores e é resultado do trabalho coletivo de vários protagonistas de saraus, slams, grupos e coletivos de artistas da palavra, oriundos das periferias de Salvador. Textos de apresentação: Tia Má, Dhay Borges e Geilson dos Reis. Capa de Marcos Paulo Silva e Alisson Chaplin. A juventude da Bahia ocupa o centro e os bairros de Salvador como nunca antes na história, em luta, através da poesia, por espaço na cena literária e contra as opressões como racismo, genocídio dos jovens negros, intolerância religiosa etc. São centenas de grupos de saraus que recitam em ônibus, praças, esquinas. Este livro é uma compilação de parte dessa produção poética.

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FRAGMENTO DO ROMANCE “IMITAÇÃO DO PRAZER”, DE 1977 | Casimiro de Brito | Nú de Amadeo Modigliani

Arrumámos o carro debaixo de uma oliveira, lembras-te? Iniciavas o teu conhecimento prático das árvores e dos bichos e ficámos por ali um pouco a falar do mecanismo das colheitas e dos preços. Arrumámos o carro, pegámos nas coisas (duas toalhas, um livro, algumas peças de fruta) e entrámos por um caminho riscado na terra lavrada. Terra clara, culturas da beira-mar, areias castanhas, areias agora mais claras, quanto mais próximas do mar mais claras, figueiras e vinhas, clareando ainda, plantas agora espontâneas, rasteiras, e por fim as dunas, a praia, o mar. E, sobre tudo, um céu narcotizado. Como se não existisse.

Uma praia despida. Areia apenas. O desenho de uma criança ou de um louco.E dois corpos estendidos ao sol, reencontrados: como se não tivéssemos vindo um das dunas e o outro do mar — como se tivéssemos naufragado após séculos de usura e de podridão, abraçámo-nos sem ênfase.
Pousámos a cabeça num montículo de areia coberto pelas toalhas. O mar desdobrava-se a nossos pés.
Página sobre página, os nossos corpos nus. E um poema.

Lembro-me do poema porque o assinalámos com uma concha. Finíssima. Uma quase lâmina.
Lembro-me da página porque eu te disse que gostaria de ter escrito para ti aquele poema, este, de Octavio Paz:

“Entre tus piernas hay un pozo de agua dormida,
bahía donde el mar de noche se aquieta,
negro caballo de espuma,
patria de sangre,
única tierra que conozco y me conoce,
única patria en la que creo
única puerta al infinito…

E lembro-me que os teus ombros se erguiam lentamente à medida que o meu braço te envolvia e a mão aberta pousava pouco a pouco no teu seio esquerdo. E no outro. E no primeiro. Seios pequenos. E procurava pousar nos dois ao mesmo tempo.

Modigliani, lembras-te? Sopro de Modigliani. Seios nus, desatados. Acesos.

Pouco a pouco acesos. Palavras poucas. E os meus dedos escoavam-se nos mamilos cada vez mais duros (o livro caído na areia), e os teus dedos enovelavam-se nos meus joelhos, e tudo isto lenta, lentamente, dentro ainda da claridade do dia, metálicos ainda, era um filme submarino, uma câmara lenta, e metálicos ainda estamos, somos, quando pouco os meus lábios nos teus e não os cravo ou apenas um pouco nada quase e só depois com violência ou talvez não muita ou quase nenhuma.

Casimiro de Brito

Retirado do Facebook | Mural de Casimiro de Brito

Poema | Florbela Espanca | Arte – Do Duy Tuan

Toda esta noite o rouxinol chorou,
Gemeu, rezou, gritou perdidamente!
Alma de rouxinol, alma da gente,
Tu és, talvez, alguém que se finou!

Tu és, talvez, um sonho que passou,
Que se fundiu na Dor, suavemente…
Talvez sejas a alma, a alma doente
Dalguém que quis amar e nunca amou!

Toda a noite choraste… e eu chorei
Talvez porque, ao ouvir-te, adivinhei
Que ninguém é mais triste do que nós!

Contaste tanta coisa à noite calma,
Que eu pensei que tu eras a minh’alma
Que chorasse perdida em tua voz!…

Florbela Espanca

Arte – Do Duy Tuan

Retirado do Facebook | Mural de Maria Açucena

PIDO SILENCIO | Pablo Neruda

AHORA me dejen tranquilo.
Ahora se acostumbren sin mí.

Yo voy a cerrar los ojos

Y sólo quiero cinco cosas,
cinco raices preferidas.

Una es el amor sin fin.

Lo segundo es ver el otoño.
No puedo ser sin que las hojas
vuelen y vuelvan a la tierra.

Lo tercero es el grave invierno,
la lluvia que amé, la caricia
del fuego en el frío silvestre.

En cuarto lugar el verano
redondo como una sandía.

La quinta cosa son tus ojos,
Matilde mía, bienamada,
no quiero dormir sin tus ojos,
no quiero ser sin que me mires:
yo cambio la primavera
por que tú me sigas mirando.

Amigos, eso es cuanto quiero.
Es casi nada y casi todo.

Ahora si quieren se vayan.

He vivido tanto que un día
tendrán que olvidarme por fuerza,
borrándome de la pizarra:
mi corazón fue interminable.

Pero porque pido silencio
no crean que voy a morirme:
me pasa todo lo contrario:
sucede que voy a vivirme.

Sucede que soy y que sigo.

No será, pues, sino que adentro
de mí crecerán cereales,
primero los granos que rompen
la tierra para ver la luz,
pero la madre tierra es oscura:
y dentro de mí soy oscuro:
soy como un pozo en cuyas aguas
la noche deja sus estrellas
y sigue sola por el campo.

Se trata de que tanto he vivido
que quiero vivir otro tanto.

Nunca me sentí tan sonoro,
nunca he tenido tantos besos.

Ahora, como siempre, es temprano.
Vuela la luz con sus abejas.

Déjenme solo con el día.
Pido permiso para nacer.

– Pablo Neruda, publicado no livro ‘Estravagario’ (1958), poema escrito em agosto de 1957}.

Caminante no hay camino | Antonio Machado Ruiz

Todo pasa y todo queda
Pero lo nuestro es pasar
Pasar haciendo caminos
Caminos sobre la mar

Nunca perseguí la gloria
Ni dejar en la memoria
De los hombres mi canción
Yo amo los mundos sutiles
Ingrávidos y gentiles
Como pompas de jabón

Me gusta verlos pintarse de sol y grana
Volar bajo el cielo azul
Temblar súbitamente y quebrarse
Nunca perseguí la gloria
Caminante son tus huellas el camino y nada más
Caminante, no hay camino se hace camino al andar

Al andar se hace camino
Y al volver la vista atrás
Se ve la senda que nunca
Se ha de volver a pisar
Caminante no hay camino sino estelas en la mar

Hace algún tiempo en ese lugar
Donde hoy los bosques se visten de espinos
Se oyó la voz de un poeta gritar
Caminante no hay camino, se hace camino al andar

Golpe a golpe, verso a verso
Murió el poeta lejos del hogar
Le cubre el polvo de un país vecino
Al alejarse, le vieron llorar
“Caminante, no hay camino, se hace camino al andar”

Golpe a golpe, verso a verso
Cuando el jilguero no puede cantar
Cuando el poeta es un peregrino
Cuando de nada nos sirve rezar
Caminante no hay camino, se hace camino al andar

Golpe a golpe, verso a verso

 

Antonio Machado, Cantares

Retirado do Facebook | Mural de Sónia Soares Coelho

Obra Completa | Arthur Rimbaud | Edição Bilingue

«A tradução da Obra Completa de Jean-Arthur Rimbaud, pela Relógio D’Água, constitui um acontecimento de enorme relevo no que respeita à história da tradução de poesia em Portugal. Pela monumentalidade desta edição, com prefácio de Francisco Vale e a tradução a duas mãos de Miguel Serras Pereira e João Moita, reler agora a poesia de Rimbaud, nesta edição bilingue, significa compreender melhor a originalidade do autor de Aprés le Deluge. O enigma do jovem que abandonou a poesia para poder, como diria Hölderlin, habitar poeticamente sobre a terra. Rimbaud: a própria encarnação de algo mais, talvez o furor e mistério de uma verdade, essa de “regressar ao estado primitivo de filho do sol”.
[…]
Esta Obra Completa não deixará de chamar para a poesia leitores ávidos daquilo que, segundo René Char, é o supremo fascínio dessa voz, nele reconhecendo essa dialética do homem que “não cessa de cessar”, como foi o caso de Rimbaud, ansioso de numa vida conter várias vidas. Nele, com efeito, a poesia deixou de ser um género literário e uma competição, para passar a ser a arte total. É, de certo modo, o poder da energia adolescente o que podemos, ao lê-lo, redescobrir. Não se fica o mesmo depois de visionarmos a sua fúria e solaridade, a sua ousadia poética.» António Carlos Cortez, JL, 4/7/18

Sailing to Byzantium | Versão Inglesa | BY WILLIAM BUTLER YEATS

I
That is no country for old men. The young
In one another’s arms, birds in the trees,
—Those dying generations—at their song,
The salmon-falls, the mackerel-crowded seas,
Fish, flesh, or fowl, commend all summer long
Whatever is begotten, born, and dies.
Caught in that sensual music all neglect
Monuments of unageing intellect.
II
An aged man is but a paltry thing,
A tattered coat upon a stick, unless
Soul clap its hands and sing, and louder sing
For every tatter in its mortal dress,
Nor is there singing school but studying
Monuments of its own magnificence;
And therefore I have sailed the seas and come
To the holy city of Byzantium.
III
O sages standing in God’s holy fire
As in the gold mosaic of a wall,
Come from the holy fire, perne in a gyre,
And be the singing-masters of my soul.
Consume my heart away; sick with desire
And fastened to a dying animal
It knows not what it is; and gather me
Into the artifice of eternity.
IV
Once out of nature I shall never take
My bodily form from any natural thing,
But such a form as Grecian goldsmiths make
Of hammered gold and gold enamelling
To keep a drowsy Emperor awake;
Or set upon a golden bough to sing
To lords and ladies of Byzantium
Of what is past, or passing, or to come.

William Buttler Yeats

Antes de amar-te, amor, nada era meu… | Pablo Neruda

Antes de amar-te, amor, nada era meu
Vacilei pelas ruas e as coisas:
Nada contava nem tinha nome:
O mundo era do ar que esperava.

E conheci salões cinzentos,
Túneis habitados pela lua,
Hangares cruéis que se despediam,
Perguntas que insistiam na areia.

Tudo estava vazio, morto e mudo,
Caído, abandonado e decaído,
Tudo era inalienavelmente alheio,

Tudo era dos outros e de ninguém,
Até que tua beleza e tua pobreza
De dádivas encheram o outono.

Pablo Neruda

Toi … moi … Quand la nuit tombe … | Malika Mellal

Arrive le temps des regrets , la mise à nue
Implacable sentiment quand on a perdu
Mysterieux moments de doutes
Évaluer le chemin , les routes
Refaire le trajet à l’envers
Se rappeller où l’on s’est croisés
À l’ombre du cadran solaire
Noter où les aiguilles se sont inversées
Sentir quand la nuit est tombée
Hululer la chouette de la destinée
Oracle de la nuit raccroche tes étoiles
Ne les caches pas derrière ce voile
Trace moi les lignes d’une constellation
Enchante ma nuit de sa belle vision
Si juste un soir je pouvais le voir
Au clair de ta lune ivoire
Ne serait ce que pour me donner espoir
Sentir encore une fois sa passion
Ses ensorceleuses vibrations
Coucher ma tête sur son épaule
Retenir mon souffle quand il me frôle
Utiliser la magie des mots pour un sourire
Poser un baiser sur ses lèvres qui soupirent
User de mon esprit pour le faire rire
Le graver dans ma mémoire , le saisir
Emporter mon chef d’oeuvre d’amour
Suivre ses pas l’empêcher de quitter le jour.

Malika Mellal 10 juillet 2018
@tout court tout simplement

A Besta | Maria João Cantinho

De que tempo somos, agora
que a tempestade sopra de novo
e ao céu sobe este monte de ruínas
devastação anoitecendo o mundo

tenta lembrar-te de que lado
veio um dia o alerta, de que armário
saiu este cortejo de sombras
onde se gravou o que a história
deixou escapar, nas malhas do mito

para de novo retornar
a besta silenciosa, a que vigia
sem que as pálpebras lhe desçam
uma única vez. Silente

talvez estivéssemos nós, os do Sul,
embriagados pela torpeza do metal
e por isso ela moveu-se devagar
como se fosse cinza na minha memória

MJC, «Do Ínfimo», Editado pela editora Penalux, Brasil, 2018.

Poesias eróticas de Bocage: as falsas e as verdadeiras | por Adelto Gonçalves

I

Durante largos anos, a imagem de Manuel Maria de Barbosa du Bocage (1765-1805) que ficaria para a posteridade seria a de um poeta erótico, pornográfico e chocarreiro. Nos últimos anos, porém, graças ao trabalho de estudiosos – inclusive, deste articulista –, essa imagem tem sido substituída por um perfil menos caricaturesco. Essa revisão ganha agora ainda mais força com a publicação de Obras completas de Bocage: Poesias Eróticas, Burlescas e Satíricas (Lisboa, Imprensa Nacional Casa da Moeda, 2017), com organização e notas do pesquisador setubalense Daniel Pires, que reúne as composições de caráter fescenino do poeta, as de autoria duvidosa e as indevidamente atribuídas a ele, acompanhadas por estudo introdutório fundamental para uma melhor compreensão da dimensão do homem, da obra e do seu contexto.

Aliás, as Poesias Eróticas, Burlescas e Satíricas podem ser consideradas como o sétimo volume da obra completa de Bocage, depois de terem sido publicadas inicialmente de maneira anônima em forma de folheto no início do século XIX. Mas só foram, pela primeira vez integradas na obra completa de Bocage em 2004, na edição preparada pelo mesmo Daniel Pires para as Edições Caixotim, do Porto.

Nesta nova edição, porém, os poemas foram divididos por Pires em três núcleos: o primeiro contempla aqueles que são de Bocage, enquanto o segundo reúne aqueles de autoria duvidosa e o terceiro é constituído por peças que não lhe pertencem, mas que lhe foram atribuídas por editores pouco responsáveis ou ainda forjadas por seus inimigos, entre eles Belchior Curvo Semedo (1766-1838) e José Agostinho de Macedo (1761-1831), inclusive a famosa Ribeirada: poema em um só canto, de autor anônimo.

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Jamais tive eu amor senão por ti | Daniel Jonas

Jamais tive eu amor senão por ti.
Paixões o vento as trouxe e as levou
Qual ave migratória que pousou
Em temporário ninho onde vivi.

Amor, porém, é ave que povoa
O coração da gente e nele exulta
E ocupa de outra ave mais estulta
O coração partido e o perdoa.

Mas que fazer, se amor o dei ao vento
E sinto o coração ninho vazio
E sinto um grão calor e grande frio.

E amo em oração no meu convento?
Eu amo quem amei e me deixou;
Não amo quem pousou – só quem voou.

Daniel Jonas, in Oblívio.

Se Tu Viesses Ver-me… | Florbela Espanca

Se tu viesses ver-me hoje à tardinha,
A essa hora dos mágicos cansaços,
Quando a noite de manso se avizinha,
E me prendesses toda nos teus braços…

Quando me lembra: esse sabor que tinha
A tua boca… o eco dos teus passos…
O teu riso de fonte… os teus abraços…
Os teus beijos… a tua mão na minha…

Se tu viesses quando, linda e louca,
Traça as linhas dulcíssimas dum beijo
E é de seda vermelha e canta e ri

E é como um cravo ao sol a minha boca…
Quando os olhos se me cerram de desejo…
E os meus braços se estendem para ti…

Florbela Espanca, in “Charneca em Flor”

Solidão | Rainer Maria Rilke

A solidão é como uma chuva.
Ergue-se do mar ao encontro das noites;
de planícies distantes e remotas
sobe ao céu, que sempre a guarda.
E do céu tomba sobre a cidade.

Cai como chuva nas horas ambíguas,
quando todas as vielas se voltam para a manhã
e quando os corpos, que nada encontraram,
desiludidos e tristes se separam;
e quando aqueles que se odeiam
têm de dormir juntos na mesma cama:

então, a solidão vai com os rios…

Rainer Maria Rilke, in “O Livro das Imagens”
Tradução de Maria João Costa Pereira

Lai.com.br | Marcia Lailin Mesquita

Na minha imaginação
de desde sempre
sempre pensei
encucou-se em mim
que deveria ser gênio
ou muito louca
para seguir aquilo que esta em mim
Na metade do fim de uma vida
descobri que posso
pintar assim como Deus, que em uma mesma árvore
colocou todas as cores
e todos passam e dizem: que belo
Ou são muito loucos
ou muito tolos


Descobri que posso escrever
com meus erros e acertos
mais erros do que acertos
e não precisar
sonhar nem fazer das tripas coração
pois sei que jamais chegarei a ser uma Florbela
e assim como aquele garoto ontem sentado em uma cadeira de rodas
eu posso falar alto e em bom tom
o que escuto todos dias por meio de uma voz metálica
“Estação Santa Cecilia, desembarque pelo lado esquerdo”

Lai

Ne tombe pas amoureux | Martha Rivera-Garrido

Ne tombe pas amoureux d’une femme qui lit, d’une femme qui ressent trop, d’une femme qui écrit…
Ne tombe pas amoureux d’une femme cultivée, magicienne, délirante, folle.
Ne tombe pas amoureux d’une femme qui pense, qui sait ce qu’elle sait et qui, en plus, sait voler ; une femme sûre d’elle-même.

Ne tombe pas amoureux d’une femme qui rit ou qui pleure en faisant l’amour, qui sait convertir sa chair en esprit ; et encore moins d’une qui aime la poésie (celles-là sont les plus dangereuses), ou qui s’attarde une demie heure en fixant un tableau, ou qui ne sait pas comment vivre sans musique.

Ne tombe pas amoureux d’une femme qui s’intéresse à la politique, qui soit rebelle et qui a le vertige devant l’immense horreur des injustices. Une qui aime les jeux de foot et de baseball et qui n’aime absolument pas regarder la télévision. Ni d’une femme qui est belle peu importe les traits de son visage ou les caractéristiques de son corps.

Ne tombe pas amoureux d’une femme ardente, ludique, lucide et irrévérencieuse.

Ne t’imagine pas tomber amoureux de ce genre de femme.

Car, si d’aventure tu tombes amoureux d’une femme pareille, qu’elle reste ou pas avec toi, qu’elle t’aime ou pas, d’elle, d’une telle femme, JAMAIS on ne revient.

Martha Rivera-Garrido

Retirado do Facebook | Mural de Malika Mellal

Os 100 Melhores Poemas Internacionais do Século XX | in PALAVRAS RABISCADAS

 A Terra Desolada (The Waste Land), de T.S. Eliot (1888-1965) – Nascido nos EUA, Eliot se sentia culturalmente ligado à Europa, tendo morado em Londres a maior parte da vida. Além de poeta, foi ensaísta e dramaturgo, tendo recebido o Nobel em 1948. No ano de 1922 publicou este poema-marco da literatura do século, em que constrói uma cerrada rede de referências à tradição literária européia na descrição de um continente devastado por um processo de desagregação que vinha desde o Renascimento.”Poesia”, trad. de Ivati Junqueira, Nova Fronteira.

 Tabacaria, de Fernando Pessoa (1888-1935), sob o heterônimo de Álvaro de Campos – O poeta português é autor da mais original criação poética deste século, a heteronímia, ou seja, a criação de múltiplas personalidades poéticas com vida pessoal e espiritual própria. Campos é, segundo Pessoa, um engenheiro formado em Glasgow (Inglaterra). Vivendo integralmente os conflitos da modernidade, é o mais inquieto e exaltado dos heterônimos.”Obra Poética”, Nova Aguilar; “Ficções do Interlúdio”, Companhia das Letras. (Poema postado no comentário de nº 19 desta página, pelo leitor Ulisses Ferreira)

 O Cemitério Marinho (Le Cimetiêre Marin), de Paul Valéry (1871-1945) – Valéry foi grande ensaísta e se via sobretudo como um homem devotado à inteligência. Daí viria sua relação tensa com a poesia que o tomaria um “poeta-não poeta”, na expressão de Augusto de Campos. “Cemitério Marinho” é a prova cabal do acerto de um de seus aforismos, que diz que poema é aquilo que não pode ser resumido.”O Cemitério Marinho”, trad. de Jorge Wanderley, Max Limonad.

 Velejando para Bizâncio (Sailing to Byzantium), de William Butler Yeats (1865-1939) – O poeta e autor teatral irlandês recebeu o Nobel de 1923. Da plena maturidade são seus poemas mais citados, como este “Velejando para Bizâncio”, no qual a velhice e a morte, confrontadas com a permanência da arte, se vêem transfiguradas num espaço mítico além da vida.”W.B. Yeats – Poemas”, trad. de Paulo Vizioli, Companhia das letras.

5º Hugh Selwin Mauberley, de Erza Pound (1885-1972) – Este poema escrito em 1920 é o trabalho longo de leitura mais fluente do autor, já que é em grande parte escrito em forma mais tradicional e tem um eixo narrativo claro, o dos descaminhos do poeta americano E.P. e de seu duplo britânico, Mauberley, ameaçados de esterilidade artística. ”Poesia”, trad. de Augusto de Campos, Hucitec.

6º Pranto por Ignacio Sánchez Mejías (Llanto por Ignacio Sánchez Mejías), de Federico García Lorca (1899-1936) -Lorca foi tanto o poeta popular do “Romanceiro Gitano” (1928) quanto àquele que se horrorizou, fascinado, diante da metrópole, em ”O Poeta em Nova York”, publicado postumamente em 1940. Foi assassinado aos 38 anos pelos franquistas no início da Guerra Civil Espanhola.”Obra Poética”, trad. de William Agel de Mello, Martins Fontes.

 Elegias de Duíno (Duineser Elegien), de Rainer Maria Rilke (1875-1926) – Nascido em Praga, levou uma vida aristocrática, patrocinado pela nobreza européia. As ”Elegias de Duíno” emprestam seu nome do castelo próximo a Trieste onde começaram a ser compostas nos anos de 1910-1912. Só foram concluídas mais de dez anos depois.”Elegias de Duíno”, trad. de José Paulo Paes, Companhia das Letras.

8º À Espera dos Bárbaros, de Konstantinos Kaváfis (1863-1933) – O mais importante poeta grego deste século nasceu em Alexandria, no Egito, e morou na Inglaterra. Em “A Espera dos Bárbaros”, poema ao mesmo tempo político e ontológico, aparece a duração de um espaço em que nada se faz porque os bárbaros atacarão.”Poemas”, trad. de José Paulo Paes, Nova Fronteira. (Poema postado no comentário de nº 06 desta página)

 9º Zona (Zone), de Guillaume Apollinaire (1880-1918) – Poeta francês e patriota, apesar de nascido em Roma, teve uma biografia acidentada, que inclui participação voluntária como soldado na Primeira Guerra. Em “Zona” (1913), Apollinaire elimina a pontuação e cria um ritmo nervoso; abole o que faz um canto de louvor à modernidade.”Alcools”, Gallimard, 34 francos.

10º Mensagem, de Fernando Pessoa (1888-1935) – Pessoa ele mesmo nasceu em Lisboa e passou seus anos de formação na África do Sul. Dos vários livros projetados e até efetivamente escritos por ele, ”Mensagem” (1934) foi o único publicado em vida.”Obra Poética”, Nova Aguilar. ”Mensagem”, Companhia das Letras.

11º A Canção de Amor de J. Alfred Prufrock (The Love Song of J. Alfred Prufrock), de T.S Eliot (1888-1965) – Publicado pela primeira vez em 1915 numa revista literária de Chicago, abriria o primeiro livro de Eliot, de 1917.”Poesia”, trad. De Ivan Junqueira, Nova Fronteira.

12º Quatro Quartetos, de T.S. Eliot – “Poesia”, trad. de Ivan Junqueira, Nova Fronteira.

 13º Cantos, de Ezra Pound – “Cantos&ampp;p;ammp;quuot;, trad. de José Lino Grünewald, Nova Fronteira .

14º Em Meu Ofício ou Arte Taciturna, de Dylan Thomas (1914-1955) – Nasceu no País de Gales, trabalhou como repórter. Sua poesia, às vezes de tom religioso, revisita temas como a infância e a morte. “Poemas Reunidos” (1934-1953), trad. de Ivan Junqueira, José Olympio.

15º O Cão sem Plumas, de João Cabral de Melo Neto (1920-1999) – Quando escreveu este poema, no final da década de 40, Cabral julgou que seria o último. O fluxo das memórias e o do rio Capibaribe se fundem nele para fazer um retrato tenso e novo do Recife. – “O Cão sem Plumas”, Nova Fronteira.

Ver os restantes aqui: https://mscamp.wordpress.com/paginas-escritas/os-cem-melhores-poemas-internacionais-do-seculo-xx/

A CANÇÂO DE AMOR DE J. ALFRED PRUFROCK | T. S. Eliot

Sigamos então, tu e eu,
Enquanto o poente no céu se estende
Como um paciente anestesiado sobre a mesa;
Sigamos por certas ruas quase ermas,
Através dos sussurrantes refúgios
De noites indormidas em hotéis baratos,
Ao lado de botequins onde a serragem
Às conchas das ostras se entrelaça:
Ruas que se alongam como um tedioso argumento
Cujo insidioso intento
É atrair-te a uma angustiante questão . . .
Oh, não perguntes: “Qual?”
Sigamos a cumprir nossa visita.

No saguão as mulheres vêm e vão
A falar de Miguel Ângelo.

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The Waste Land | BY T. S. ELIOT …… A TERRA DESOLADA 1922 (tradução: Ivan Junqueira)

FOR EZRA POUND
IL MIGLIOR FABBRO

I. The Burial of the Dead

April is the cruellest month, breeding
Lilacs out of the dead land, mixing
Memory and desire, stirring
Dull roots with spring rain.
Winter kept us warm, covering
Earth in forgetful snow, feeding
A little life with dried tubers.
Summer surprised us, coming over the Starnbergersee
With a shower of rain; we stopped in the colonnade,
And went on in sunlight, into the Hofgarten,
And drank coffee, and talked for an hour.
Bin gar keine Russin, stamm’ aus Litauen, echt deutsch.
And when we were children, staying at the arch-duke’s,
My cousin’s, he took me out on a sled,
And I was frightened. He said, Marie,
Marie, hold on tight. And down we went.
In the mountains, there you feel free.
I read, much of the night, and go south in the winter.

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A Extraordinária Aventura vivida por Vladimir Maiakóvski. No Verão, na Datcha.

A tarde ardia em cem sóis
O verão rolava em julho.
O calor se enrolava
no ar e nos lençóis
da datcha onde eu estava,
Na colina de Púchkino, corcunda,
o monte Akula,
e ao pé do monte
a aldeia enruga
a casca dos telhados.
E atrás da aldeia,
um buraco
e no buraco, todo dia,
o mesmo ato:
o sol descia
lento e exato
E de manhã
outra vez
por toda a parte
lá estava o sol
escarlate.
Dia após dia
isto
começou a irritar-me
terrivelmente.
Um dia me enfureço a tal ponto
que, de pavor, tudo empalidece.
E grito ao sol, de pronto:
¿Desce!
Chega de vadiar nessa fornalha!

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DE PÉ | Paulo Fonseca

AInda daí.
Anda
cuidar do sonho
e dele fazer embondeiro….
Anda…
vamos
nas ondas do mar,
na terna picada da vida….
Emoções em primeiro.
Anda daí….
Vamos a toque de abraços,
vamos… de carreiro em carreiro….
Vamos…
de liana em liana,
voando
com a vida na mão
fechada na alma…
Vamos….
Não saram as crostas nas costas,
não selam as gretas nos pés,
não dormem as chagas do mal….
Ainda assim, vamos….
Fervem os sangues, intrépidos…
Cantam os hinos da vida…
Pulsam carrilhões de desejo….
Vamos,
anda daí….
vamos detonar o enxofre…
vamos plantar o jardim….
de flores….
de louvores
e de outros carinhos….
Vamos,
fazer dos carreiros,
caminhos….
Vamos….
navegar….
e cantar
os Amores….

Paulo Fonseca

Retirado do Facebook | Mural de Paulo Fonseca

Petrarca pelas mãos de Vasco Graça Moura | As mais belas rimas que deram origem à arte do soneto

Rimas, de Francesco Petrarca, com tradução de Vasco Graça Moura, editado pela Quetzal.

A sensibilidade ocidental assenta as suas raízes nestes versos do poeta transalpino maravilhosamente traduzidos por Vasco Graça Moura, agora publicados pela Quetzal. Rimas, de Francesco Petrarca (1304-1374), humanista e filósofo, uma das referências fundamentais da literatura ocidental, considerado o Poeta dos Poetas e pai do soneto, dedica a maior parte dos poemas reunidos em Rimas ao amor e a Laura, uma «musa impossível». Uma obra notável com uma tradução fantástica de Vasco Graça Moura, que está disponível a 22 de junho.

Sarau da Onça recebe cem poetas das quebradas para lançar livro | Livro “Poéticas periféricas: novas vozes da poesia soteropolitana” | Valdeck Almeida de Jesus (organizador)

Sugestão de Pauta: Livro “Poéticas periféricas: novas vozes da poesia soteropolitana”, que reúne 100 (cem) poetas de saraus e slams de poesia de Salvador.
O lançamento será no Sarau da Onça, dia 07 de julho de 2018 (sábado), a partir das 18hs.

Vai ter sarau, venda de artesanato, brincos, turbantes, livretos e apresentação musical

A obra “Poéticas periféricas: novas vozes da poesia soteropolitana” reúne textos de poetas e poetisas da periferia de Salvador-BA e será lançada no dia 07 de julho de 2018 (sábado), a partir das 18hs, no Sarau da Onça, no Anfiteatro Abdias Nascimento, à Rua Albino Fernandes, 50-C, Novo Horizonte/Sussuarana, em Salvador-BA.

Texto de orelha por Maíra Azevedo (Tia Má, jornalista, atriz e digital influencer), apresentações de Geilson dos Reis (Pedagogo e Professor) e Dhay Borges (Coletivo de Entidades Negras – CEN), capa do poeta Marcos Paulo da Silva, contracapa de Allison Chaplin. Financiamento através da 1ª Chamada do edital Calendário das Artes 2017, da Fundação Cultural do Estado da Bahia (FUNCEB), entidade vinculada à Secretaria de Cultura do Estado (SecultBA).

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Carpe Diem | Walt Whitman

Aproveita o dia,
Não deixes que termine sem teres crescido um pouco.
Sem teres sido feliz, sem teres alimentado teus sonhos.
Não te deixes vencer pelo desalento.
Não permitas que alguém te negue o direito de expressar-te, que é quase um dever.
Não abandones tua ânsia de fazer de tua vida algo extraordinário.
Não deixes de crer que as palavras e as poesias sim podem mudar o mundo.
Porque passe o que passar, nossa essência continuará intacta.
Somos seres humanos cheios de paixão.
A vida é deserto e oásis.
Nos derruba, nos lastima, nos ensina, nos converte em protagonistas de nossa própria história.
Ainda que o vento sopre contra, a poderosa obra continua, tu podes trocar uma estrofe.
Não deixes nunca de sonhar, porque só nos sonhos pode ser livre o homem.
Não caias no pior dos erros: o silêncio.
A maioria vive num silêncio espantoso. Não te resignes, e nem fujas.
Valorize a beleza das coisas simples, se pode fazer poesia bela, sobre as pequenas coisas.
Não atraiçoes tuas crenças.
Todos necessitamos de aceitação, mas não podemos remar contra nós mesmos.
Isso transforma a vida em um inferno.
Desfruta o pânico que provoca ter a vida toda a diante.
Procures vivê-la intensamente sem mediocridades.
Pensa que em ti está o futuro, e encara a tarefa com orgulho e sem medo.
Aprendes com quem pode ensinar-te as experiências daqueles que nos precederam.
Não permitas que a vida se passe sem teres vivido…

Os Amigos | Al Berto

Os Amigos

no regresso encontrei aqueles
que haviam estendido o sedento corpo
sobre infindáveis areias

tinham os gestos lentos das feras amansadas
e o mar iluminava-lhes as máscaras
esculpidas pelo dedo errante da noite

prendiam sóis nos cabelos entrançados
lentamente
moldavam o rosto lívido como um osso
mas estavam vivos quando lhes toquei
depois
a solidão transformou-os de novo em dor
e nenhum quis pernoitar na respiração
do lume

ofereci-lhes mel e ensinei-os a escutar
a flor que murcha no estremecer da luz
levei-os comigo
até onde o perfume insensato de um poema
os transmudou em remota e resignada ausência

Al Berto, in ‘Sete Poemas do Regresso de Lázaro’

arte ЖИВОПИС

Retirado do Facebook | Mural de Al Berto

Marguerite Yourcenar | Fernando Pessoa | Cecília Meireles | Florbela Espanca | Octavio Paz e Stanley Kubrick | selecção de mlailin (Marcia Lailin Mesquita)

O que nos tranquiliza no sono é a certeza de que dele retornamos.
E ele nos cura temporariamente da fadiga pelo mais radical dos processos, isto é, arranjando para que cessemos de existir durante algumas horas.

Marguerite Yourcenar

Que é feito de tudo?
Que fiz eu de mim?
Deixa-me dormir,

Dormir a sorrir 
E seja isto o fim.

Fernando Pessoa

Ó meu Deus,
se esta é a distância
que separa a mocidade
da infância,
se são teus
estes modos de verdade,
que outros hei de querer meus?

Ó meu Deus,
se este é o caminho
que traça a tua bondade,
devagarinho
farei seus
meu amor, minha saudade,
e em tudo serei adeus.

Cecília Meireles

Gosto da noite imensa,
triste, preta, como esta estranha borboleta
Que eu sinto sempre a voltejar em mim!…

Florbela Espanca

IRMANDADE

Sou homem: duro pouco
e é enorme a noite.
Mas olho para cima:
as estrelas escrevem.
Sem entender compreendo:
Também sou escritura
e neste mesmo instante
alguém me soletra.

Octavio Paz e Stanley Kubrick em 2001 uma Odisseia no espaço

Não te Amo | Almeida Garrett

Não te amo, quero-te: o amar vem d’alma. 
E eu n’alma – tenho a calma,
A calma – do jazigo.
Ai! não te amo, não.

Não te amo, quero-te: o amor é vida.
E a vida – nem sentida
A trago eu já comigo.
Ai, não te amo, não!

Ai! não te amo, não; e só te quero
De um querer bruto e fero
Que o sangue me devora,
Não chega ao coração.

Não te amo. És bela; e eu não te amo, ó bela.
Quem ama a aziaga estrela
Que lhe luz na má hora
Da sua perdição?

E quero-te, e não te amo, que é forçado,
De mau, feitiço azado
Este indigno furor.
Mas oh! não te amo, não.

E infame sou, porque te quero; e tanto
Que de mim tenho espanto,
De ti medo e terror…
Mas amar!… não te amo, não.

Almeida Garrett, in ‘Folhas Caídas’

Erudição e sensualidade na poesia de Ana Margarida Chora | por Adelto Gonçalves

                                                          I

O professor Massaud Moisés (1928-2018), em Dicionário de Termos Literários (São Paulo, Cultrix, 2004), diz que “a poesia corresponderia à expressão do “eu” por intermédio de metáforas, ou vocábulos polivalentes: o “eu” do poeta, matriz do seu comportamento como artista da palavra, volta-se para si próprio, adota não só a categoria “sujeito” que lhe é inerente, mas também a de “objeto; portanto, introverte-se, auto-analisa-se, faz-se espetáculo e espectador ao mesmo tempo, como se perante um espelho” (pag. 360).

Pena que o professor, que foi orientador deste articulista em seu doutoramento em Letras, tenha resolvido subir para o andar de cima, antes de ter tido acesso a este Insónia Lúbrica – resposta a uma noite inacabada (Setúbal, Centro de Estudos Bocageanos, 2017), terceiro livro de poesia da poeta portuguesa Ana Margarida Chora, em que a autora se expressa não apenas através de um “eu” feminino, mas também de um “tu” masculino. De fato, os poemas deste livro ajustam-se à medida ao que o crítico afirma em sua defesa teórica do que significa a poesia, ao observar que o “eu” vai ao encontro de si próprio ao buscar o “não-eu”, projetando-se para fora, fazendo uma “projeção”, inclusive no sentido freudiano.

No caso de Ana Margarida Chora, porém, como bem constatou a autora do prefácio, a professora Natália Maria Lopes Nunes, o sujeito poético constitui “uma figura ancestral que cruza todas as épocas, na busca de um interlocutor distante e, por vezes, ausente”. Diz mais: “(…) através do imaginário do “eu”, reflete-se um “tu”, a dualidade do ser, mulher/homem, feminino/masculino, procurando no amor uma harmonia cósmica que nem sempre é atingida através da fusão e da intimidade, criando, por vezes, uma certa ambiguidade de sentido”.

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As balas | Fernando Assis Pacheco

São de ferro. Ou de aço?
Diz-se que fazem à entrada
um pequeno orifício,
seguido de uma grande
devastação de carnes
sangrentas. Por isso matam.
Li tudo sobre a morte.
Escrevi sobre a minha
e depois embebedei-me.
A bala vem pelo ar
(ruído onomatopaico) e
crava-se, cava, ceva-se
nessas carnes. Era a minha.
Tive uma bala marcada:
à última hora telefonei
a desistir. ‘da-se!
Pior para o Soares que entra
nestes versos já morto.
São de ferro. A tua era,
ó Soares, ou de aço,
e «agora choro contigo»
ausente uma vila
branca do Alentejo: tu.

Diz-se que fazem assim
um pequeníssimo estúpido
orifício (não quis ver)
como um botão mas
destroem tudo, devastam
tecidos, vísceras nobres,
e então trazem até nós
a morte sanguinolenta.
Se ainda as fabricam
como no meu tempo, creio
que matam num, ah pois,
infinitésimo de segundo.
É brutal. Eu ouvi-as:
perde-se a tesão por um século.

Fernando Assis Pacheco
in A Musa Irregular, Assírio & Alvim

AUTO-RETRATO | Maria Teresa Horta

Eu sou outra em mim mesma
e sou aquela
Sou esta
dançando sobre as lágrimas
Sou o gozo
no gosto de ser espelho
e me faz multiplicar em todo o lado
Eu sou múltipla
veneno em minha veia
Estrangeira
rasgando o seu passado
Sou cruel
dúplice e sedenta
mil vezes morri no desamparo
Eu sou esta que nego
e a outra onde me afirmo
faço nela e naquela o meu retrato
E se na história desta me confirmo
na vida da outra não me traio
Feita de ambas à beira do abismo
sou a mesma mulher nascida em Maio”
Maria Teresa HortaPoesia Reunida, Lisboa, Publicações Dom Quixote,

O Captain! My Captain! | BY WALT WHITMAN

O Captain! my Captain! our fearful trip is done,
The ship has weather’d every rack, the prize we sought is won,
The port is near, the bells I hear, the people all exulting,
While follow eyes the steady keel, the vessel grim and daring;
                         But O heart! heart! heart!
                            O the bleeding drops of red,
                               Where on the deck my Captain lies,
                                  Fallen cold and dead.
O Captain! my Captain! rise up and hear the bells;
Rise up—for you the flag is flung—for you the bugle trills,
For you bouquets and ribbon’d wreaths—for you the shores a-crowding,
For you they call, the swaying mass, their eager faces turning;
                         Here Captain! dear father!
                            This arm beneath your head!
                               It is some dream that on the deck,
                                 You’ve fallen cold and dead.
My Captain does not answer, his lips are pale and still,
My father does not feel my arm, he has no pulse nor will,
The ship is anchor’d safe and sound, its voyage closed and done,
From fearful trip the victor ship comes in with object won;
                         Exult O shores, and ring O bells!
                            But I with mournful tread,
                               Walk the deck my Captain lies,
                                  Fallen cold and dead.
WALT WHITMAN | Source: Leaves of Grass (David McKay, 1891)

Federico García Lorca | ESTE É O PRÓLOGO

Deixaria neste livro 
toda a minha alma.
este livro que viu
as paisagens comigo
e viveu horas santas.

Que pena dos livros
que nos enchem as mãos
de rosas e de estrelas
e lentamente passam!

Que tristeza tão funda
é olhar os retábulos
de dores e de penas
que um coração levanta!

Ver passar os espectros
de vida que se apagam,
ver o homem desnudo
em Pégaso sem asas,

ver a vida e a morte,
a síntese do mundo,
que em espaços profundos
se olham e se abraçam.

Um livro de poesias
é o outono morto:
os versos são as folhas
negras em terras brancas,

e a voz que os lê
é o sopro do vento
que lhes incute nos peitos
– entranháveis distâncias.

O poeta é uma árvore
com frutos de tristeza
e com folhas murchas
de chorar o que ama.

O poeta é o médium
da Natureza
que explica sua grandeza
por meio de palavras.

O poeta compreende
todo o incompreensível
e as coisas que se odeiam,
ele, amigas as chamas.

Sabe que as veredas
são todas impossíveis,
e por isso de noite
vai por elas com calma.

Nos livros de versos,
entre rosas de sangue,
vão passando as tristes
e eternas caravanas

que fizeram ao poeta
quando chora nas tardes,
rodeado e cingido
por seus próprios fantasmas.

Poesia é amargura,
mel celeste que emana
de um favo invisível
que as almas fabricam.

Poesia é o impossível
feito possível. Harpa
que tem em vez de cordas
corações e chamas.

Poesia é a vida
que cruzamos com ânsia,
esperando o que leva
sem rumo a nossa barca.

Livros doces de versos
sãos os astros que passam
pelo silêncio mudo
para o reino do Nada,
escrevendo no céu
suas estrofes de prata.

Oh! que penas tão fundas
e nunca remediadas,
as vozes dolorosas
que os poetas cantam!

Deixaria neste livro
toda a minha alma…

Federico García Lorca | tradução: William Agel de Melo

Reza da Manhã de Maio | Sophia de Mello Breyner Andresen

Senhor, dai-me a inocência dos animais
para que eu possa beber nesta manhã
a harmonia e a força das coisas naturais.
Apagai a máscara vazia e vã
de humanidade
apagai a vaidade,
para que eu me perca e me dissolva
na perfeição da manhã
e para que o vento me devolva
a parte de mim que vive
à beira dum jardim que só eu tive.

Sophia de Mello Breyner Andresen

Poema | Carlos Drummond de Andrade

O homem, bicho da terra tão pequeno
Chateia-se na terra
Lugar de muita miséria e pouca diversão,
Faz um foguete, uma cápsula, um módulo
Toca para a lua
Desce cauteloso na lua
Pisa na lua
Planta bandeirola na lua
Experimenta a lua
Coloniza a lua
Civiliza a lua
Humaniza a lua.

Lua humanizada: tão igual à terra.
O homem chateia-se na lua.
Vamos para marte – ordena a suas máquinas.
Elas obedecem, o homem desce em marte
Pisa em marte
Experimenta
Coloniza
Civiliza
Humaniza marte com engenho e arte.

Marte humanizado, que lugar quadrado.
Vamos a outra parte?
Claro – diz o engenho
Sofisticado e dócil.
Vamos a vênus.
O homem põe o pé em vênus,
Vê o visto – é isto?
Idem
Idem
Idem.

O homem funde a cuca se não for a júpiter
Proclamar justiça junto com injustiça
Repetir a fossa
Repetir o inquieto
Repetitório.

Outros planetas restam para outras colônias.
O espaço todo vira terra-a-terra.
O homem chega ao sol ou dá uma volta
Só para te ver?
Não-vê que ele inventa
Roupa insiderável de viver no sol.
Põe o pé e:
Mas que chato é o sol, falso touro
Espanhol domado.

Restam outros sistemas fora
Do solar a col-
Onizar.
Ao acabarem todos
Só resta ao homem
(estará equipado?)
A dificílima dangerosíssima viagem
De si a si mesmo:
Pôr o pé no chão
Do seu coração
Experimentar
Colonizar
Civilizar
Humanizar
O homem
Descobrindo em suas próprias inexploradas entranhas
A perene, insuspeitada alegria
De con-viver.

Carlos Drummond de Andrade

Os cem melhores poemas portugueses dos últimos 100 anos | Organização de José Mário Silva

Nem tudo são más notícias.

A segunda edição da antologia de poesia portuguesa que publiquei no final de 2017 já anda por aí. Foi revista de fio a pavio, atentamente, à caça de gralhas e erros de transcrição, além de se terem resolvido problemas gráficos e de paginação. Um trabalho exaustivo para o qual contei com a ajuda inestimável do Luis Queiros, um dos maiores amantes de poesia que conheço. Além de uma notável crítica ao livro, apontando-lhe desde logo alguns dos seus defeitos, o Luís dedicou horas e horas do seu escasso tempo livre a cotejar dezenas de poemas com as edições originais, identificando até os lapsos mais microscópicos (que, em certos casos, terão escapado aos próprios autores). Sem ele, a quem agradeço muitíssimo, fazendo questão de o afirmar publicamente, teria menos certezas ao dizer agora, e para que conste: a versão definitiva da antologia é esta e só esta.

Também Nós Amamos a Vida | Mahmoud Darwish

Também nós amamos a vida quando podemos.
Dançamos entre dois mártires e no meio deles
erguemos um minarete de violetas ou uma
palmeira.

Uma guitara perpetua o verão | Maria Isabel Fidalgo

Longínqua, uma guitarra perpetua o verão
na larga casa da saudade.
Abro as janelas do mar
e no clamor das ondas
o sol de agosto desce calmo
sobre os barcos.
Sou jovem em qualquer lado
onde há o brilho indomável
dos anos, antes destes,
e de outros, longe de ti.
Chegam pescadores do lado
dos búzios e dos limos
com os pés calçados de sargaço
e a tarde é um farol nas nossas mãos.
Cada palavra que dizes
é um rio junto à fonte,
uma claridade a abrir,
a subir a pique sobre o mundo.
Ouso pedir-te
que te escondas comigo
nesta ilusão de juventude
plasmada na minha varanda
aberta sobre o mar;
que não apresses a voz;
que me deixes cerzida num abraço,
e que a tarde caia sobre nós
fulgente de ouro e luz
alheia ao peso do cansaço.

maria isabel fidalgo

Depois de amanhã | Álvaro de Campos

 

Depois de amanhã, sim, só depois de amanhã… 
Levarei amanhã a pensar em depois de amanhã,
E assim será possível; mas hoje não…
Não, hoje nada; hoje não posso.
A persistência confusa da minha subjetividade objetiva, 
O sono da minha vida real, intercalado,
O cansaço antecipado e infinito,
Um cansaço de mundos para apanhar um elétrico…
Esta espécie de alma…
Só depois de amanhã…
Hoje quero preparar-me,
Quero preparar-rne para pensar amanhã no dia seguinte…
Ele é que é decisivo.
Tenho já o plano traçado; mas não, hoje não traço planos…
Amanhã é o dia dos planos.
Amanhã sentar-me-ei à secretária para conquistar o rnundo;
Mas só conquistarei o mundo depois de amanhã…
Tenho vontade de chorar,
Tenho vontade de chorar muito de repente, de dentro…

Não, não queiram saber mais nada, é segredo, não digo.
Só depois de amanhã…
Quando era criança o circo de domingo divertia-rne toda a semana.
Hoje só me diverte o circo de domingo de toda a semana da minha infância…
Depois de amanhã serei outro,
A minha vida triunfar-se-á,
Todas as minhas qualidades reais de inteligente, lido e prático
Serão convocadas por um edital…
Mas por um edital de amanhã…
Hoje quero dormir, redigirei amanhã…
Por hoje, qual é o espetáculo que me repetiria a infância?
Mesmo para eu comprar os bilhetes amanhã,
Que depois de amanhã é que está bem o espetáculo…
Antes, não…
Depois de amanhã terei a pose pública que amanhã estudarei.
Depois de amanhã serei finalmente o que hoje não posso nunca ser.
Só depois de amanhã…
Tenho sono como o frio de um cão vadio.
Tenho muito sono.
Amanhã te direi as palavras, ou depois de amanhã…
Sim, talvez só depois de amanhã…

Álvaro de Campos

Almada Negreiros | Retrato de Fernando Pessoa

ÍTACA | Konstantínos Kaváfis | Tradução de Jorge de Sena

ÍTACA

Quando partires de regresso a Ítaca,
deves orar por uma viagem longa,
plena de aventuras e de experiências.
Ciclopes, Lestregónios, e mais monstros,
um Poseidon irado – não os temas,
jamais encontrarás tais coisas no caminho,
se o teu pensar for puro, e se um sentir sublime
teu corpo toca e o espírito te habita.
Ciclopes, Lestregónios, e outros monstros,
Poseidon em fúria – nunca encontrarás,
se não é na tua alma que os transportes,
ou ela os não erguer perante ti.

Deves orar por uma viagem longa.
Que sejam muitas as manhãs de Verão,
quando, com que prazer, com que deleite,
entrares em portos jamais antes vistos!
Em colónias fenícias deverás deter-te
para comprar mercadorias raras:
coral e madrepérola, âmbar e marfim,
e perfumes subtis de toda a espécie:
compra desses perfumes quanto possas.
E vai ver as cidades do Egipto,
para aprenderes com os que sabem muito.

Terás sempre Ítaca no teu espírito,
que lá chegar é o teu destino último.
Mas não te apresses nunca na viagem.
É melhor que ela dure muitos anos,
que sejas velho já ao ancorar na ilha,
rico do que foi teu pelo caminho,
e sem esperar que Ítaca te dê riquezas.

Ítaca deu-te essa viagem esplêndida.
Sem Ítaca, não terias partido.
Mas Ítaca não tem mais nada para dar-te.

Por pobre que a descubras, Ítaca não te traiu.
Sábio como és agora, senhor de tanta experiência,
terás compreendido o sentido de Ítaca.

Konstantínos Kaváfis
Tradução de Jorge de Sena

Retirado do Facebook | Mural de Ana Santos

Outra cama | Charles Bukowski

outra cama
outra mulher

mais cortinas
outro banheiro
outra cozinha

outros olhos
outro cabelo
outros
pés e dedos.

todos à procura.
a busca eterna.

você fica na cama
ela se veste para o trabalho
e você se pergunta o que aconteceu
à última
e à outra antes dela…
é tudo tão confortável —
esse fazer amor
esse dormir juntos
a suave delicadeza…

após ela sair você se levanta e usa
o banheiro dela,
é tudo tão intimidante e estranho.
você retorna para a cama e
dorme mais uma hora.

quando você vai embora é com tristeza
mas você a verá novamente
quer funcione, quer não.

você dirige até a praia e fica sentado
em seu carro. é meio-dia.

— outra cama, outras orelhas, outros
brincos, outras bocas, outros chinelos, outros
vestidos
cores, portas, números de telefone.

você foi, certa vez, suficientemente forte para viver sozinho.
para um homem beirando os sessenta você deveria ser mais
sensato.

você dá a partida no carro e engata a primeira,
pensando, vou telefonar para janie logo que chegar,
não a vejo desde sexta-feira.

Tradução: Pedro Gonzaga

O pássaro azul | Charles Bukowski

há um pássaro azul em meu peito
que quer sair
mas sou duro demais com ele,
eu digo, fique aí, não deixarei que ninguém o veja.
há um pássaro azul em meu peito que
quer sair
mas eu despejo uísque sobre ele e inalo
fumaça de cigarro
e as putas e os atendentes dos bares
e das mercearias
nunca saberão que
ele está
lá dentro.
há um pássaro azul em meu peito
que quer sair
mas sou duro demais com ele,
eu digo,
fique aí,
quer acabar comigo?
(…) há um pássaro azul em meu peito que
quer sair
mas sou bastante esperto, deixo que ele saia
somente em algumas noites
quando todos estão dormindo.
eu digo: sei que você está aí,
então não fique triste.
depois, o coloco de volta em seu lugar,
mas ele ainda canta um pouquinho
lá dentro, não deixo que morra
completamente
e nós dormimos juntos
assim
como nosso pacto secreto
e isto é bom o suficiente para
fazer um homem
chorar,
mas eu não choro,
e você?

Charles Bukowski | Tradução: Pedro Gonzaga

1º de Maio | José Gomes Ferreira | Poema

(Junto a minha voz ao coro dos poetas mais novos.
Recuso-me a ter mais de vinte anos.)

Gonçalo M. Tavares | O Amor não Rende Juros

 

 

 

 

 

137
É verdade «que um baixo amor os fortes enfraquece»
mas também o grande amor torna ridículos os grandes,
pois o amor é, em energia material sobre o mundo, um roubo— apesar de, em sensações, ser magnífico. 0 amor será útil internamente,
mas externamente não carrega um tijolo.
Disso nunca tive dúvidas.

138
A vida, é certo, não será um sítio excepcional para as paixões.
Nos países humanos, o amor mistura-se muito
com palavras equívocas.
0 fogo que existe numa lareira, por exemplo,
é um fogo servil, cultural, educado.
Uma coisa vermelha, mas mansa,
que nos obedece.
Só é natureza, o fogo na lareira,
quando, vingando-se, provoca um incêndio.
E o amor assim funciona. Mas é preferível o contrário.

139
É desarranjo de estratégias e planos,
surpresa ritmada, uma ilegalidade exaltante que não prejudica
os vizinhos.
Mas atenção, de novo: o amor não faz bem aos países,
não desenvolve as suas indústrias, nem a economia.
Disso nunca tive dúvidas. E por isso é preferível não.

140
No entanto, qual é o país que pode impedir que o amor
entre? Não é mercadoria traficada em caixas,
que as caixas são objectos que se abrem ao meio
— e é possivel, com uma lanterna, olhar lá para dentro.

141
0 amor não se vê como
se fosse uma presença.
É demasiado completo
para ter uma forma. E como jamais
se conseguiram obter juros de uma coisa
que não ocupa espaço, é preferível não,
parece-me.

Gonçalo M. Tavares, in “Uma Viagem à Índia”

Mia Couto | Dois poemas: Para Ti e Pergunta-me

Mia Couto | Para Ti

Foi para ti
que desfolhei a chuva
para ti soltei o perfume da terra
toquei no nada
e para ti foi tudo
Para ti criei todas as palavras
e todas me faltaram
no minuto em que talhei
o sabor do semprePara ti dei voz
às minhas mãos
abri os gomos do tempo
assaltei o mundo
e pensei que tudo estava em nós
nesse doce engano
de tudo sermos donos
sem nada termos
simplesmente porque era de noite
e não dormíamos
eu descia em teu peito
para me procurar
e antes que a escuridão
nos cingisse a cintura
ficávamos nos olhos
vivendo de um só
amando de uma só vida
Mia Couto, in “Raiz de Orvalho e Outros Poemas”

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Três magníficos poemas de Guimarães Rosa

Gargalhada

Quando me disseste que não mais me amavas,
e que ias partir,
dura, precisa, bela e inabalável,
com a impassibilidade de um executor,
dilatou-se em mim o pavor das cavernas vazias…
Mas olhei-te bem nos olhos,
belos como o veludo das lagartas verdes,
e porque já houvesse lágrimas nos meus olhos,
tive pena de ti, de mim, de todos,
e me ri
da inutilidade das torturas predestinadas,
guardadas para nós, desde a treva das épocas,
quando a inexperiência dos Deuses
ainda não criara o mundo…

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