La lettre de rupture la plus expéditive de l’histoire | Lettre de Gustave Flaubert à Louise Colet

Madame,                                                                                                                                                     6 mars 1855

J’ai appris que vous vous étiez donné la peine de venir, hier, dans la soirée, trois fois, chez moi.

Je n’y étais pas. Et dans la crainte des avanies qu’une telle persistance de votre part pourrait vous attirer de la mienne, le savoir-vivre m’engage à vous prévenir : que je n’y serai jamais.

J’ai l’honneur de vous saluer.


Gustave Flaubert (12 décembre 1821 – 8 mai 1880), maître du style, connu pour ne produire des phrases qu’au prix de longs efforts et d’un immense travail (« Une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore » écrit-il), savait aussi être expéditif. Sentant son amour pour la belle poétesse Louise Colet s’épuiser, alors qu’elle abandonne Paris pour lui rendre visite dans son Croisset natal et qu’elle supplie le maître des lieux de la recevoir, il lui envoie un dernier billet d’une concision lapidaire et diablement efficace. Un Flaubert méconnu !

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