Charles Baudelaire | Les Fleurs du mal -1857

Cette semaine marquait le cent cinquantième anniversaire de la disparition de Charles Baudelaire, survenue le 31 août 1867.

Redécouvrez à cette occasion l’oeuvre de ce grand poète, parue aux Éditions Gallimard :http://bit.ly/2x8tO5L

“Harmonie du soir” (Les Fleurs du mal, 1857)

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

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