les enfants qui s’aiment | Jacques Prévert | placé par René Leucart

Les enfants qui s’aiment s’embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s’aiment
Ne sont là pour personne
Et c’est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l’éblouissante clarté de leur premier amour

(Jacques Prévert, “Les enfants qui s’aiment”)

Copié sur Facebook | Mur de René Leucart

Ajda Nahai, combattante kurde | René Leucart

Il y a un an, elle mourrait aux combats contre Daech. Elle avait à peine 18 ans : Ajda Nahai, combattante kurde, symbole de la liberté et de la dignité des femmes contre l’esclavage sexuel. Elle se battait contre les djihadistes de Daech aux côtés de milliers d’autres jeunes filles Kurdes. Elle est tombée au combat à Manbij où près de 2.000 terroristes, dont de nombreux en provenance d’Europe, sont toujours encerclés par les forces Kurdes en ce moment. En regardant ce visage souriant, on peut avoir honte parce qu’elle nous renvoie à quelque chose qui nous dépasse, souvent par égoïsme, parfois par racisme, ou tout simplement par indifférence : l’héroïsme ! Elle s’est battue pour sauver le droit de nous regarder en nous souriant, avec ses yeux sombres et profonds.
Comme je l’avais mis au moment de sa mort, il y a un an, pour elle seule, ce poème de Victor Hugo :

“demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.”

*Victor Hugo “demain, dès l’aube”

René Leucart

Retirado do Facebook | Mural de René Leucart

VIYAN, une femme Kurde | Mural de René Leucart in “Facebook”

“Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent.”

(Lucie Aubrac)

Des centaines de femmes kurdes ont pris les armes contre Daesh et il est triste d’apprendre la mort d’une de ces combattantes d’autant que cette photo de Viyan Qamishlo a déjà figuré sur ce mur lors d’un précédent post… mais voilà cette jeune fille est morte sous les balles des djihadistes de Daesh à Manbij. Elle avait 22 ans et sa beauté m’avait déjà frappé. Elle a été tuée lors d’une opération militaire contre Daesh, il y a quatre jours. Il y a quelques années, elle disait à un journaliste : “Moi, je m’appelle VIYAN, cinq lettres V-I-Y-A-N, qui m’émeuvent au moment où je les prononce. Maintenant, je suis une autre, je suis une résistante. Je laisse derrière moi la jeune villageoise que j’étais. Maintenant je suis Viyan. Je vais bientôt rejoindre la montagne, commencer mon entraînement, apprendre le métier des armes et devenir une guerrière.” Viyan n’était pas son vrai prénom. Elle l’avait choisi pour rendre hommage à une autre combattante morte. Les femmes dans l’histoire militaire ont souvent eu un rôle actif en tant que combattantes, qu’auxiliaires des forces armées ou ouvrières dans les usines d’armement et de matériel militaire, espionnes, agents de renseignements, résistantes ou combattantes dans des mouvements de guérilla. Viyan vient de rejoindre les étoiles et la sienne brillera jusqu’à la fin des temps.

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