Poème | Zoubida Belkacem

Toujours prompt à s’immiscer
Entre le bon grain et l’ivraie
Cherchant à s’incruster
Faisant fi de toute civilité.

Toujours prompt à crier et vociférer
Haussant la voix, élevant le ton
Le doigt accusateur, les yeux exorbitants
N’admettant aucune contradiction
La colère gronde faute d’arguments.

Toujours prompt à eructer
La coupe pleine de sombres vérités
Le verre de vin au goût âpre et amer.
Les raisons de la colère éclatent
Chargés de doutes mortifères

Toujours prompt à s’indigner
Aussi fort que les mots qui résonnent
Aussi violent que les coups qui assomment
Un volcan sans cesse en ébullition
Crache sa lave d’extermination.

Toujours prompt à diminuer et blesser
Le petit oiseau qui essaye de voler
Le cri qu’il veut amplifier
Lui brisant ses petites ailes
Pour l’empêcher de s’échapper.

Zoubida Belkacem
Nice le 15 février 2019
Oeuvres protégées

Retirado do Facebook | Mural de Zoubida Belkacem

pieds nus | Zoubida Belkacem

Que nous soyons pieds nus, pauvres et insouciants
Dans la misère absolue ou en haillons
Nous serons toujours ces gamins heureux
Qui se suffisent d’un petit partage merveilleux
Dans un moment de grâce mielleux

Que nous soyons ces enfants oubliés
Habitants les bourgs et villages isolés
Sans accès, sans routes goudronnées,
Ni bus pour nous transporter
On garde enfoui en nous, innocence et vivacité.

Que nous soyons privés d’écoles à proximité
De chauffage et d’électricité
Sans loisirs pour nous divertir
Ni même de vêtements dignes pour nous vêtir.
Nous sommes toujours partant
Pour cueillir le bonheur , en un instant

Que nous soyons ces gamins indigents
Sans tablettes ni portables apparents
Nous gardons toujours dans nos yeux, ces constellations.
Cette euphorie que nous partageons.
Des enfants ni désoeuvrés, ni affamés
Nous voulons juste , de rêves d’évasions , nous enivrer.

Que nous soyons ces mômes marginalisés
Qu’on montre du doigt et qu’on n’ose à peine regarder.
Ces gamins libres et insoumis
Bouillonnant de vigueur et de vie
Portant toute l’innocence inassouvie.

Jeunesse souriante, jeunesse palpitante
Prendre un selfi, a l’aide d’une chaussure
L’espace d’un moment
Quelques instants volés au temps
Qui donnent l’impression, de vivre éternellement.

Zoubida Belkacem
Constantine le 03/02/2019
Oeuvres déposées

Retirado do Facebook | Mural de Zoubida Belkacem

Zoubida Belkacem

Dis moi si c’est toi
Qui brille là-haut, de mille éclats
Qui éclaire cette obscurité qui m’entoure
Depuis ce jour fatidique, où tu m’as quitté sans retour.

Dis moi si c’est toi
Qui hante mes nuits, bercées du son de ta voix
Remplie de ton visage qui se rappelle à moi.
Te souviens-tu de ces nombreuses fois ?
Guidés par nos espérances de foi

Dis moi si c’est toi
Qui m’inssuffle la vie
Qui me fais battre ce cœur qui ne bat plus.
Tu ne franchira plus le seuil de la porte
Depuis ce jour tragique où tu es morte

Dis moi si c’est toi
Qui me fais pousser des ailes
Pour défier cette vie éternelle
Je te retrouve partout où je suis
Même si j’ai l’impression que tu me fuis

Dis moi si c’est toi
Qui chante encore des berceuses pour nos enfants
D’une voix céleste, même si maintenant, ils sont grands.
Tu remplies encore de ta chaleur, notre maison
Depuis ton départ, depuis notre séparation.

Je continu à croire que tu es toujours là
Que tu demeure encore à cet endroit
Ta présence illumine les lieux
Les jours s’égrènent comme les feuilles mortes.
Même si je me surprends à t’attendre encore au pas de la porte.

Zoubida Belkacem
Droits protégés
Constantine 19/12/2018