Abdelaziz Bouteflika, fossoyeur madré de l’islam politique | Par Nicolas Beau

L’Algérie est l’un des rares pays du monde arabe où l’islamisme politique est en décomposition.

Les résultats des élections locales de 2017 ont confirmé cette nouvelle donne politique : l’islamisme est en perte de vitesse et ne séduit plus en Algérie.  Le MSP, le TAJ et toutes les autres composantes de l’islamisme algérien ont reçu une véritable gifle en perdant de nombreux sièges dans les communes et les assemblées locales des wilayas. La descente en enfer n’est pas due au hasard mais à une stratégie redoutable du président algérien, Abdelaziz Bouteflika. Tout en douceur.

Des islamistes émasculés 

L’islamisme algérien est tombé dans le piège tendu par Bouteflika depuis son arrivée au pouvoir en 1999. L’acte 1 a débuté lorsque Bouteflika a convaincu les frères musulmans du MSP, créé par feu Chekih Mahfoud Nahnah, de s’associer avec lui pour diriger l’Algérie. La posture affichée alors par la présidence était de fermer la parenthèse d’une décennie noire marquée par les violences sanglantes. Le MSP, à l’époque la deuxième force politique algérienne, vit certains des siens accéder aux responsabilités, perdant ainsi l’essentiel de sa combativité. Le piège se refermait sur ces notables pieux happés par un exercice très partiel du pouvoir..

En revanche, il ne fut jamais question à ce stade de laisser se recréer un succédané du Front Islamique du Salut (FIS) dont les principaux cadres avaient combattu dans les maquis durant la décennie noire. Sur ce point, le « deal » était parfaitement clair entre Bouteflika et les militaires, notamment le DRS (services secrets algériens) du général Toufik. Ce fut même la condition sine qua non posée par l’armée à l’intronisation de l’actuel chef de l’Etat en 1999.

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