L’esclave islandaise | Steinunn Jóhannesdóttir | par Yacine Bouzaher

Un roman historique, ancré dans notre histoire Algérienne, celle de la régence d’Alger et des captifs esclavagisés, que beaucoup ignorent.

Bien sûr, il y a les captifs célèbres comme Miguel de Cervantes. Mais Alger, pendant des siècles, a été une ville cosmopolite sans pareille en Méditerranée. Combien, aujourd’hui, d’Algérois sont issu de ce cosmopolitisme, ignoré ou dénié. Nous avons là, un Roman avec, évidemment un point de vue, islandais. Mais comme toujours avec notre histoire, nous sommes contraints de nous servir du travail historique des autres, à déconstruire pour nous y retrouvez, puisque, pour diverses raisons, dont celle de la subjectivité idéologique, qui place sous tutelle tout travail universitaire sérieux, nous ne parvenons pas à écrire notre histoire nous-même.

Sauf, engluer dans le mémoriel plutôt que libéré par l’histoire, à l’instrumentaliser avec les révisionnismes au service de projets politiques et partisans qui n’ont strictement rien à voir avec l’histoire.

Yacine Bouzaher

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ALGÉRIE | Ami Mouloud, le plus ancien bouquiniste de la capitale | Yacine Bouzaher

Parce que, je ne l’ai pas oublié, parce qu’il incarne une Algérie, à jamais disparu, il est une figure de l’Alger que j’ai tant aimé, ou j’ai vécu mes émois aussi bien amoureux que littéraires et culturels. Il est parti, il y a 4 ans (un 24 décembre 2016) suite à une agression de 3 individus dont il ne sait pas remis. Ami Mouloud, le plus ancien bouquiniste de la capitale, présent à la rue Didouche Mourad depuis l’indépendance, Mouloud Mechkour dit Ami Mouloud.
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À PROPOS D’ALBERT CAMUS | Yacine Bouzaher

Dans un échange avec une amie, j’ai émis un avis concernant l’œuvre de Camus, que je reproduis ci-dessous:
-“J’ai une lecture de l’œuvre et une interprétation de Camus, que je n’ai jamais vue par ailleurs, ou alors ça m’a échappé. Pour moi, Camus, c’est celui qui a ma connaissance, à le mieux donné à voir, à ressentir, la solitude profonde de l’être. Nous sommes cadenassés dans notre être ontologique, seuls face à nous-mêmes, cerné par le monde qui nous entoure. Et nous aurons beau faire, nous ne sortirons jamais de nous-mêmes pour fusionner avec le monde.

Paradoxalement, la prise de conscience d’exister, nous condamne à cet enfermement en soi. Et le fameux, je pense donc je suis, se transforme en je pense donc je suis seul en moi.

Il y a deux moments dans la vie, ou cette réalité de la condition humaine ( l’humain en tant qu’être pensant) font exception. Mais de manière fugace et peut-être illusoire. C’est, quand, bébé, on n’a pas vraiment ( encore que) conscience d’exister, la fusion avec la mère, Camus a un peu évoqué cela. Et quelquefois, dans la fusion de l’amour ( qui ne dure qu’un instant comme dit la chanson), surtout au moment ( c’est hélas pas toujours le cas) de l’orgasme sexuel, une infra seconde, le temps s’arrête et nous sortons de nous-mêmes, pour une extase partagée. À cet infinitésimal instant nous ne sommes pas seuls, sinon … 

Cette solitude pour fondement, je l’ai particulièrement ressenti à la lecture de “L’étranger”. Mais, on retrouve cette épaisseur, qui avec le temps se transforme en pavois, dans toute son œuvre, Sisyphe ( le mythe de Sisyphe), “Caligula”. Dans la pièce ” Le malentendu”, il aborde explicitement ce thème avec l’amour ( celui de la mère ou celui d’une femme) comme possibilité d’y échapper, mais encore une fois ce sera raté. Il ne restera que la solitude. Dans “La peste” ( œuvre à plusieurs tiroirs) nous retrouvons également cette dimension.”

Yacine Bouzaher 

Retirado do Facebook | Mural de Yacine Bouzaher