Gonçalo M. Tavares | UN PAYS AGRÉABLE

C’était un pays très agréable à vivre, mais les gens étaient tellement paresseux que, lorsque le président leur ordonna de défendre les frontières, ils ne firent rien d’autre que bâiller. Ils furent envahis.
A leur tour, les envahisseurs commencèrent à devenir paresseux et, un jour, lorsque le nouveau président ordonna que les hommes aillent défendre les frontières, tous se mirent à bâiller. Ils furent eux aussi envahis.
Une fois encore, les envahisseurs devinrent rapidement paresseux et, lorsque pour la troisième fois un nouveau président ordonna que les hommes aillent assurer la défense des frontières, tous se mirent à bâiller. Une fois de plus, ils furent envahis. Le pays était de plus en plus peuplé.
Ce phénomène se répéta jusqu’à ce que tous les peuples – même ceux venus de l’autre bout de la terre – aient envahi ce pays, avant d’être envahis à leur tour. Il ne restait plus personne nulle part : tout le monde se pressait dans ce pays agréable.
C’est alors que le nouveau président résolu d’ordonner l’invasion du reste du monde : puisqu’il était complètement vide, le monde était donc à sa merci. Cependant, tous les hommes se mirent à bâiller.
Alors le président (sans rien remarquer) s’avança, seul.

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Gonçalo M. Tavares (Autor)
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UM PAÍS AGRADÁVEL

Era um país muito agradável para viver, mas as pessoas eram tão preguiçosas que, quando o presidente ordenou que defendessem as fronteiras, eles não faziam nada além de bocejar. Eles foram invadidos.
Por sua vez, os invasores começaram a tornar-se preguiçosos, e um dia, quando o novo presidente ordenou que os homens fossem e defendessem as fronteiras, todos começaram a bocejar. Eles também foram invadidos.
Mais uma vez, os invasores rapidamente tornaram-se preguiçosos e, quando, pela terceira vez, um novo presidente ordenou que os homens fossem à defesa das fronteiras, todos começaram a bocejar. Mais uma vez, eles foram invadidos. O país estava cada vez mais povoado.
Este fenômeno foi repetido até que todos os povos – mesmo aqueles do outro lado da terra – invadiram este país, antes de serem invadidos por sua vez. Não havia ninguém em qualquer lugar: todos estavam apressando-se para este país agradável.
Foi então que o novo presidente resolveu ordenar a invasão do resto do mundo: uma vez que estava completamente vazio, o mundo estava, portanto, à sua mercê. No entanto, todos os homens começaram a bocejar.
Então, o presidente (sem nada perceber) avançou sozinho.

Bebe | Cocaine | Siempre me quedará

Cómo decir que me parte en mil
Las esquinitas de mis huesos,
Que han caído los esquemas de mi vida
Ahora que todo era perfecto.
Y algo más que eso,
Me sorbiste el seso y me desciende el peso
De este cuerpecito mío
Que se ha convertido en río.
De este cuerpecito mío
Que se ha convertido en río.

Me cuesta abrir los ojos
Y lo hago poco a poco,
No sea que aún te encuentre cerca.
Me guardo tu recuerdo
Como el mejor secreto,
Que dulce fue tenerte dentro.

Hay un trozo de luz
En esta oscuridad
Para prestarme calma.
El tiempo todo calma,
La tempestad y la calma,
El tiempo todo calma,
La tempestad y la calma.

Siempre me quedará
La voz suave del mar,
Volver a respirar la lluvia que caerá
Sobre este cuerpo y mojará
La flor que crece en mi,
Y volver a reír
Y cada día un instante
Volver a pensar en ti.
En la voz suave del mar,
En volver a respirar la lluvia que caerá
Sobre este cuerpo y mojará
La flor que crece en mi,
Y volver a reír
Y cada día un instante
Volver a pensar en ti.

Cómo decir que me parte en mil
Las esquinitas de mis huesos,
Que han caído los esquemas de mi vida
Ahora que todo era perfecto.
Y algo más que eso,
Me sorbiste el seso
Y me desciende el peso
De este cuerpecito mío
Que se ha convertido en río.

Siempre me quedará
La voz suave del mar,
Volver a respirar la lluvia que caerá
Sobre este cuerpo y mojará
La flor que crece en mi,
Y volver a reír
Y cada día un instante
Volver a pensar en ti.
En la voz suave del mar,
En volver a respirar la lluvia que caerá
Sobre este cuerpo y mojará
La flor que crece en mi,
Y volver a reír
Y cada día un instante
Volver a pensar en ti.

POÈME LIBERTÉ | Paul Eluard | Tradução de Carlos Drummond de Andrade e Manuel Bandeira

 

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffées d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes raisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté

(Continua)

Paul Éluard
Tradução de Carlos Drummond de Andrade e Manuel Bandeira
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Pour Azouzou ma grand mère qui est partie | Malika Mellal

Un dernier instant 
Juste un petit moment
Je veux lui parler et la voir
Lui dire je t’aime et au revoir
Laissez moi juste cet instant
Faites que j’arrive à temps
Avant qu’on l’emmène
Dans sa dernière demeure
Je suis si loin d’elle, j’ai peur
Attendez moi ! Je ne suis qu’à un pas
Après ce voyage interminable enfin me voilà

J’essaie de me frayer un chemin jusqu’à elle
Elle est là toute à moi son corps si frêle
Des femmes crient ! prient ! Je faiblis
Je m’approche d’elle et supplie.

Elle est belle ! Elle dort ? Réveille toi !
Je suis là ! Regarde moi ! Parle moi !
Mes larmes coulent ! On me somme d’arrêter !
Celles-ci ne doivent pas violer sa nouvelle virginité.
Elle sourit ! Elle paraît heureuse
Je lui murmure des mots sous les cris des pleureuses.

Nous sommes réunies pour la dernière fois
Trois générations, trois femmes, un seul lien
Traversé tant de tempêtes et d’émois
Ensemble fortes, main dans la main
Elle m’a transmis tant de valeurs et de foi

Je suis là pour ce dernier instant
Ce tout dernier moment
Ils couvrent son corps d’un drapeau
La montent au plus haut
Sous les youyous et les cris
Les hommes s’empressent dans le bruit
Comme dans une course ils font vite
Je les poursuis dans cette fuite
Ils m’arrêtent , m’empêchent de les suivre
Elle part , sans elle continuer à vivre
Je dois faire comme elle, avoir du courage
Indépendante, fière, savoir tourner une page
Ce dernier moment,ce dernier instant
Elle est partie toute vêtue de blanc.

Malika mellal

Pour Azouzou ma grand mère qui est partie
Mercredi 31 janvier 2018

Todas as cartas de amor são ridículas | versões portuguesa e francesa | Álvaro de Campos / Fernando Pessoa

Toutes les lettres d’amour sont ridicules.

Toutes les lettres d’amour sont
Ridicules.
Elles seraient pas lettres d’amour si elles étaient pas
Ridicules.

J’ai écrit aussi, à mon époque, lettres d’amour,
comme celles-là,
ridicules.

Les lettres d’amour, s’il y a de l’amour,
doivent être
Ridicules.

Mais, en fin du compte,
Juste les gens qui ont jamais écrit
Lettres d’amour
sont
ridicules.

Qu’elle était bonne, l’époque où j’écrivais les lettres d’amour
sans me rendre compte
qu’elles étaient si ridicules.

La vérité, aujourd’hui ce sont mes mémoires
de ces lettres d’amour,
qui sont ridicules.

(Tous les mots quétaines,
comme les sentiments quétaines,
sont naturellement ridicules)
——
Álvaro de Campos – hétéronyme de Fernando Pessoa (PORTUGAL)


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Andrei Markin, Russian ,(ENJOY)

Jay Yanagawa 
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A woman is an eternal dream, mystery and a muse. I like glamour woman’s portraiture with dreamy, elegant and sensual twist. The beauty of a woman is a power; a smile is its sword. Intelligence is sexy, Spiritual awareness is powerful, Self-love makes you invincible. Happiness is what makes you pretty. Period. Happy people are beautiful. They become like a mirror and they reflect happiness. Elegance is a glowing inner peace. Grace is an ability to give as well as to receive and be thankful. Mystery is a hidden laugh always ready to surface! Glamour only radiates if there is a sublime courage and bravery within: glamour is like the moon; it only shines because the sun is there.

PUBLICIDADE | Irão 11 dias | De 30 de abril a 10 de maio de 2018 | Agência Pass Travel

Irão 11 dias

 http://passtravel.pt

11 dias e 10 noites
De 30 de abril a 10 de maio de 2018

Mínimo 20 participantes
Quarto Duplo: 2 450 € por pessoa
Quarto Single: 2 940 € por pessoa 

Programa:

30 de Abril de 2018 – Partida de Lisboa
Comparência no aeroporto de Lisboa três horas antes da partida do voo. Assistência nas formalidades de embarque e partida em avião com destino a Teerão via Istambul. Refeições a bordo.

01 de Maio de  2018 –Teerão
Chegada ao aeroporto internacional de Teerão. À chegada ao hotel em Teerão teremos algum tempo para repousar antes de iniciar a visita à capital iraniana. A nossa tour com a visita ao Palácio de Golestan, palácio do século XVIII e XIX, da dinastia Qajar. De seguida, iremos maravilhar-nos com a preciosa coleção de joias dos 2500 anos da monarquia iraniana no Museu das Joias do Banco Central do Irão.
O almoço será no Restaurante Dizi (restaurante de comida tradicional).
À tarde ainda iremos ainda visitar o Museu de Arte Antiga, onde poderemos observar a gloriosa arqueologia do Irão desde a pré-história até à época islâmica.
O jantar será num restaurante moderno em Teerão.

(CONTINUA)

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REPENSAR O SUPREMATISMO ARCAIZANTE E DESPÓTICO | José Gabriel Pereira Bastos

O ‘pensamento ocidental’ academizado é Imperialista (alinha como ‘sua história’ uma longa história de Impérios, do binómio Grécia-Roma aos Impérios Ibéricos, franceses (napoleónicos), russos e anglo-americanos, listando as tentativas falhadas do eixo italo-germano (herdeiro do Sacro Império), Otomano, Austro-húngaro,e Japonês.

No Ensino Academizado (oficioso), esta compulsão à repetição está associada ao ensino combinado da filosofia, da teologia, do direito e da história – e, mais recentemente, da ‘ciência política’, e das ‘Ciências da Gestão’, inventadas pelos Americanos, à saída da Primeira e da segunda Guerras Mundiais -, seis não-ciências, entre si articuladas (na verdade, são apenas uma, a Grande Não-Ciência Retórica do Suprematismo, da Dominação Exploradora e do Roubo Legalizado), ideologicamente orientadas para promover o Suprematismo arcaizante, com os seus valores sexistas, racistas, retoricamente intelectualistas,,coloniais, classistas e Imperialistas, ao serviço da acumulação militar de tesouros, territórios, recursos e escravos (ou trabalhadores precários), da putificação das mulheres excedentárias (as não-esposas) e da promoção dos empobrecimentos e dos genocídios convenientes.

O Suprematismo é Fálico, empola fantasmaticamente a Ìmago Paterna Divinizada (o Deus Único, Útero Infinito do qual tudoo que existe saíu, no Big Bang Genesíaco e Grande Phallus celeste, fecundador de Maria), colocada em perigo pelo Édipo e pelos Revolucionários, heróis dramáticos da Grande Luta Fálica entre “o Bem e o Mal” (quem é quem, o Diabo que escolha, porque “quem se lixa é o mexilhão”, a começar pelas mulheres, pelos trabalhadores precários, pelos ‘desempregados’ e pelos étnicos).

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Pour Toujours | Carlos Drummond de Andrade

Pour Toujours

Pourquoi Dieu permet-il
que les mères s’en aillent?
La mère est sans limite,
c’est le temps sans cadran,
la lueur qui résiste
lorsque souffle le vent
et que la pluie s’abat,
velours dissimulé
dans une peau ridée,
c’est l’eau pure, l’air pur,
c’est la pure pensée.
Mourir advient à ce
qui est bref et qui passe
sans laisser nulle trace.
La mère, dans sa grâce,
elle est éternité.
Quelle idée vient à Dieu
– ô mystère profond –
un jour de l’enlever?
Si j’étais Roi du Monde,
une loi je ferais:
Mère ne meurt jamais,
mère près de son fils
toujours rester devra
et lui, quand bien vieux même,
petit demeurera
comme grain de maïs.

(Carlos Drummond de Andrade)

Pintura: Gustav Klimt | Mãe e Filho

Penser à Dieu c’est désobéir à Dieu | Alberto Caeiro/Fernando Pessoa

Penser à Dieu c’est désobéir à Dieu

car Dieu a voulu que nous ne le connaissions pas,

aussi à nous ne s’est-il pas montré…

 

Soyons simples et calmes

comme les ruisseaux et les arbres,

et Dieu nous aimera , nous rendant

beaux comme les arbres et les ruisseaux,

et il nos donnera la verdeur de son printemps

et un fleuve où nous jeter lorsque viendra la fin !…

Marie | Malika Mellal

 

 

 

 

 

 

 

Les anges ne s’y sont pas trompés
Comme janvier ouvre l’année
Toi aussi tu symbolise la clé
Tu es la clé de la liberté
La liberté d’une vie passionnée
La clé du secret d’aimer
Aussi blonde qu’un épi de blé
Blé porte bonheur symbolisé
Un regard bleu pour inviter
Les voyageurs et les opprimés
Ton sourire charmeur à souhait
Pour réparer les cœurs brisés
Et recueillir les âmes blessées
Marie la clé de tant de secrets
Le secret des âmes connectées
Le secret des temps oubliés
Où les éléments étaient des divinités
Secret de guérisseuse aux remèdes cachés
Marie esprit éveillé d’une douce fée
Mélange surprenant de force et de fragilité
Orchestrés par une infinie tendresse et une grande féminité
Tes mots savamment pesés, délivrés
Avec respect , humour et spontanéité
Marie sirène de l’île aux secrets
Je suis heureuse d’être des privilégiés
De ton monde de liberté.

Malika Mellal 22 janvier 2018

Retirado do Facebook | Mural de Malika Mella